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«Journée zéro pharmacie». C’est la riposte que compte apporter le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal suite à la restitution de 1,200 t de médicaments saisis à Darou Mousty dans la région de Diourbel. Hier en conférence de presse, le syndicat a tiré à nouveau la sonnette d’alarme sur les dangers de la consommation de ces produits.

Dans les jours à venir, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal prévoit «une journée zéro pharmacie». Il s’agit là d’une façon pour ces professionnels de la santé de montrer leur indignation après la restitution de 1,200 t de médicaments saisis à Darou Mousty dans la région de Diourbel. «Nos représentants sur place à Louga et Diourbel ont procédé au tri. Et il a été constaté parmi ceux-ci des médicaments périmés et d’autres contrefaits pour vous dire la gravité de devoir restituer ces médicaments aux populations», fulmine Dr Assane Diop, secrétaire général du syndicat. En conférence de presse hier, les pharmaciens privés n’ont pas caché leur colère suite à l’arrêt et à la libération sans jugement des personnes interpellées dans cette zone lors de l’opération «Heerna», déroulée au courant du mois de juillet. Aujourd’hui, le syndicat n’exclut pas d’attaquer la décision de restitution des médicaments illicites saisis auprès des juridictions nationales et internationales.
L’autre préoccupation, c’est la persistance des points de vente de médicaments au niveau de Keur Serigne Bi, le marché de Thiaroye et le marché de Diaobé, sans oublier les cambriolages notés dans les pharmacies.
Par ailleurs, la «faveur accordée» à Touba dans la lutte contre la vente des médicaments de la rue a aussi fait sortir les pharmaciens de leurs gonds. Le privilège d’exception accordé à Touba, considérée par les pharmaciens comme une «plaque tournante de ce trafic avec plus de 300 dépôts illégaux», lors cette opération menée sur l’ensemble du territoire national par le Comité national de lutte contre les faux médicaments et l’exercice illégal de la pharmacie, a été également dénoncée. De manière générale, le président de l’Ordre des pharmaciens pense qu’«il se pose un réel problème d’indépendance de cette profession en temps que telle. Parce qu’elle est agressée de tous bords». Pour mettre un terme à «cette pratique qui tue les populations à petit feu», Ameth Niang invite l’Etat à «beaucoup plus de retenue, de responsabilité, de justesse pour que le secteur de la pharmacie soit préservé au bénéfice de la santé de nos populations».
En attendant un écho favorable à l’appel du président de l’Ordre, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal compte mener d’autres actions au-delà de la journée «Zéro pharmacie» agitée comme réponse à ces «agressions». Une marche nationale est prévue pour une énième alerte sur les dangers qui guettent les Sénégalais à cause de la vente illicite des médicaments. Dans son plan d’actions, le syndicat promet aussi de dénoncer le Sénégal auprès des institutions compétentes. Il s’agit de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Organisation mondiale de la santé (Oms), l’Inter-ordre des pharmaciens d’Afrique (Iopa), l’Intersyndicale des pharmaciens d’Afrique (Ispharma) et la Conférence internationale des ordres de pharmaciens francophones (Ciopf).
msakine@lequotidien.sn

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