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Les acteurs institutionnels entendent diriger les transferts d’argent des émigrés souvent destinés à nourrir leurs familles au pays, vers des secteurs plus productifs afin de permettre à la diaspora de participer à l’effort de développement local.

Une étude de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a estimé en 2015, les transferts d’argent des émigrés vers le Sénégal  à plus de 956 milliards de francs Cfa, soit environ 20% des flux financiers qui entrent en Afrique et 43,7% dans l’espace Uemoa. L’essentiel de ces transferts proviennent de l’Italie, de la France, de l’Espace Schengen et des Etats unis, et financent 90% environ des dépenses de consommation des ménages. Selon le ministre du budget, Birima Mangara, 56% de ces transferts sont destinés à la consommation, à l’éducation et à la santé. 80,2% de ces transferts  sont effectués par le circuit formel et les 19,8% par le secteur informel. Les acteurs institutionnels entendent renverser cette tendance et réorienter ces importants transferts destinés le plus souvent vers les filets sociaux, vers les investissements productifs. «Il nous faut renverser cette tendance. Asseoir une stratégie qui permet aux émigrés de participer à l’effort de développement de notre pays et à la transformation structurelle de notre économie», a dit hier M. Mangara. Le ministre du Budget s’exprimait à la session ordinaire du Conseil économique, social et environnemental (Cese) dont le thème était : «Les transferts de fonds des Sénégalais de l’extérieur : Quelles stratégies d’accompagnement pour la croissance économique et la création d’emplois.»Dans le cadre de la stratégie dédiée,  indique M. Mangara, un certain nombre de dispositifs ont été instaurés tels que la Banque de l’habitat du Sénégal (Bhs) pour capter l’épargne de ces émigrés, surtout ceux intéressés par l’habitat social. Le Fongip, le Fonsis et le Faise qui constitue un instrument de financement, mais surtout de mobilisation de ces émigrés vers les investissements productifs. «Nous avons en perspective le Fongad qui est destiné à garantir les investissements de la diaspora pour rediriger les flux financiers de ces émigrés vers les secteurs productifs», informe Birima Mangara. Aussi pour une mobilisation optimale de l’épargne des migrants au profit de l’investissement, le Cese recommande une évaluation et une rationalisation de l’action des structures d’accompagnement. Cela pour plus d’efficacité et de qualité dans l’accomplissement de leur mission.  Le Cese conseille par ailleurs d’établir une base de données sur les opportunités d’investissement et de développer des programmes et des campagnes spéciaux  d’information et de sensibilisation au niveau de l’ensemble des représentations diplomatiques du Sénégal afin de favoriser une meilleure implication des expatriés au niveau individuel et associatif à l’effort de développement national.
ksonko@lequotidien.sn

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