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Dékheulé Peulh vit sans électricité, voit ses en­fants se passer de l’école et boire une eau dangereuse pour la santé. A cela, il faut ajouter l’absence de poste de santé et de route pour mesurer l’étendue du mépris des pouvoirs publics à l’égard de ce village qui abrite le mausolée d’un héros national.

C’est l’heure où l’obscurité s’efface pour laisser entrevoir la lumière. A Dékheulé Peulh, le soleil se pointe avec des rayons chargés d’énergie positive, car dans l’obscurité, ce quartier qui abrite la tombe du héros national Lat Dior sombre dans le noir. La cause ? Une absence d’électricité qui oblige les habitants à se trouver une parade. Conséquences : ils sont légion, les panneaux solaires dressés en haut des hameaux. «C’est l’énergie solaire qui nous permet d’avoir un peu d’électricité. C’est un problème. La nuit, nous avons beaucoup de difficultés», regrette Gorgui Ba. Dékheulé Peulh est à l’abandon. Ici, le Programme d’urgence de développement communautaire n’est qu’une illusion lointaine. L’absence d’infrastructures so­cia­les de base rend invivable ce quartier. Il suffit de voir la piste latéritique de 3 km qui le relie de la route. Elle est vieille de 31 ans.
L’absence de route a également provoqué d’autres dégâts. «Nous faisons face à des problèmes récurrents d’insécurité. Nos bétails sont volés par des malfaiteurs, surtout la nuit», déplore Amary, jeune éleveur. De plus, il n’y a point de poste de santé. Pour se soigner, les habitants de cette zone doivent marcher 5 km pour atteindre Thilmakha Mba­kol. Une localité qui abrite également les écoles. «Beaucoup de mes enfants ne sont pas allés à l’école. Ce n’est pas parce que je ne veux pas qu’ils y aillent, au contraire. Avec la brousse, on ne peut pas tout le temps marcher 5 km tous les jours. Pour un enfant, ce n’est pas sûr», explique Djiby Ba, montrant sa petite fille âgée de 7 ans, mais qui ne peut pas aller à l’école. «J’ai écrit à la commune de Darou Marnane pour l’électricité et les écoles, mais rien n’y fait», souligne-t-il.
Autre constat : si l’eau coule à flot à Dékheulé Peulh, sa qualité est décriée par les populations. «Cette eau qui sort des robinets est différente de celle des villages environnants. Elle n’est pas bonne, mais on est obligé de la boire parce qu’on n’a pas le choix», se résigne M. Ba d’une voix gonflée de trémolos. S’agissant de la mosquée, elle ne l’est que de nom. C’est un espace à ciel ouvert, frappé par la désuétude. L’absence de peinture du bâtiment le rend également vulnérable face aux intempéries.

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