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Le Conseil constitutionnel a démenti être un instrument au service du pouvoir politique dans la perspective de l’élection présidentielle. L’institution en veut aussi aux médias sénégalais qui, selon elle, sèment le doute dans l’esprit des citoyens.

Le Conseil constitutionnel serait-il un instrument au service du pouvoir politique, en particulier dans la perspective de l’élection présidentielle de 2019 ? La réponse à cette question est négative. Cette institution, au sommet de la pyramide du pouvoir judiciaire, est sortie de son mutisme pour démentir avec force, une telle idée et dénoncer dans la même veine le comportement depuis quelques mois de certains organes de presse qui, selon les membres de cette institution, publieraient des informations à la limite diffamatoires, visant à semer le doute dans l’opinion publique.  En décembre 2017, rappelle le communiqué de cette institution, un chroniqueur politique a nommément cité le président du Conseil constitutionnel parmi les participants à une réunion qui se serait tenue au palais de la République. «Cette rencontre aurait eu le dessein de planifier et d’organiser une procédure ayant pour finalité de poursuivre, détenir et condamner M. Khalifa Sall, député et maire de Dakar», rapporte le document. L’ennui avec les accusations des juges constitutionnels, c’est qu’ils n’ont pas osé aller jusqu’au bout de leur logique et citer nommément les organes de presse incriminés. Cela fait que toute la presse se sent concernée, mais personne n’est affecté. Ce qui n’est pas une garantie de changement d’attitude.
Aussi, l’institution condamne sans le nommer, un journal local qui, il y a quelques jours, aurait fait état de la participation d’un de ses membres à une «réunion secrète qui aurait été organisée le 25 juin 2018 au ministère de l’Intérieur, en vue d’étudier les voies et moyens d’invalider la candidature de Karim Wade à l’élection présidentielle de 2019». De façon allusive, était, cette fois-là, visé selon le communiqué, le vice-président du Conseil constitutionnel, Malick Diop.
D’après les conseillers, toutes ces prétendues nouvelles au­raient été publiées sans aucun respect des règles de l’éthique et de la déontologie censées gouverner le travail des journalistes, dont notamment le recoupement des informations avant leur publication, la nécessaire application de la règle de séparation des faits et des commentaires et l’indispensable observance de la règle relative à la polyphonie des sources.
Pour se purifier face à la récurrence d’allégations de nature à ternir leur image et à installer le doute dans l’esprit des citoyens, les membres du Conseil constitutionnel ont tenu à démentir de façon catégorique ces informations «dénuées de tout fondement, mais que malencontreusement, des acteurs politiques continuent à relayer, en dépit des rectifications».
Tout en appelant à l’esprit de responsabilité et à la sagesse de chacun et de tous, le Conseil constitutionnel informe que ni son président ni aucun de ses autres membres n’ont pris part ni même n’ont été conviés à aucune des réunions évoquées par les uns et les autres, si tant est qu’elles se soient tenues.
Il ne reste qu’à souhaiter que la prochaine fois que des magistrats se sentiraient mis en cause à tort, ils auront le courage de nommer clairement leurs accusateurs. Cela permettrait aussi de nettoyer les écuries d’Augias de la presse sénégalaise.
ksonko@lequotidien.sn

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