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Militant pour le maintien des 500 militaires sénégalais présents actuellement à Banjul, le Président Adama Barrow demande au Sénégal l’envoi de milliers de soldats supplémentaires en Gambie pour assurer la sécurité de son pays. Voulant que ces derniers «restent aussi longtemps que ce sera nécessaire», le leader gambien souhaite, grâce à ce soutien militaire, arriver à réformer les Forces armées de son pays.

Le chef de l’Etat gambien est très soucieux de sa sécurité et de celle de son pays, malgré le départ de la Gambie de son prédécesseur, Yahya Jammeh. Cet état de fait a poussé Adama Barrow à demander à son voisin sénégalais de maintenir ses soldats (500 actuellement) dans son pays. Mieux, le Président gambien demande à Dakar d’augmenter l’effectif de ses soldats dont il ne veut pas du départ pour le moment. «C’est trop tôt. 500, ce n’est pas beaucoup. C’est pourquoi nous avons signé le traité de sécurité avec le Sénégal. Nous demandons au Sénégal de nous envoyer plus de soldats, des milliers de soldats, pour assurer notre sécurité», soutient le Président Barrow qui s’est confié hier à Rfi. Et le leader gambien de s’empresser d’ajouter : «Nous voulons qu’ils restent aussi longtemps que ce sera nécessaire.»
Interpellé sur ses craintes par rapport à un éventuel putsch de la part des partisans de l’ex-Président Jammeh, Adama Barro fait remarquer : «22 ans, c’est long. Il a encore de l’influence. Il (Yahya Jammeh) a des amis en Gambie. Nous avons besoin des Sénégalais pour stabiliser la situation. Pour que nous puissions réformer et former nos Forces armées. C’est très important. Et nous ne pourrons pas le faire si la sécurité est insuffisante.»
Evoquant le règlement de la crise casamançaise, Adama Barrow s’est voulu ferme en déclarant : «Personne ne soutiendra la rébellion dans aucun pays sous mon régime.» Et de souligner : «Nous nous engageons à assurer la paix en Casamance. Sans paix, nous ne pouvons pas nous développer. La paix en Casamance est fondamentale. C’est important et je pense que nous sommes prêts à participer à ce processus.» Barrow ne peut tout de même s’empêcher d’exprimer sa volonté : «Nous voulons la paix au Sénégal. Nous sommes voisins. Nous sommes un pays. Tout ce qui se passe au Sénégal affecte la Gambie. Tout ce qui se passe en Gambie affecte le Sénégal.»

Pour Jammeh et Cie, «justice sera faite»
A propos d’éventuelles poursuites judiciaires contre son prédécesseur et ses collaborateurs, le Président Barrow affirme que «justice sera faite». Il poursuit : «La loi s’applique à tous. Personne n’est au-dessus des lois. C’est pareil pour tout le monde. Nous ne voulons pas d’une ‘’Ferme des animaux’’ où certains animaux sont plus égaux que d’autres. Nous avons rétabli l’Etat de droit. Et il vaut pour ceux qui ont commis ces crimes. Cela ne fait que commencer.»
Le premier des Gambiens compte aussi faire la lumière sur le meurtre du journaliste Deyda Hydara, ancien directeur du journal The Point et ex-correspondant de l’Afp, tué en 2004. Puisque Adama Barrow annonce que le commanditaire sera connu «un jour, bientôt». Et pour ce faire, il informe avoir sollicité le soutien de Wa­shin­g­ton dont il attend beaucoup de l’«expertise dans le domaine du renseignement». «Nous ne connaîtrons pas la paix si justice n’est pas faite», martèle encore M. Barrow.
mdiatta@lequotidien.sn

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