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L’affaire Khalifa Sall a une dose politique. C’est le sentiment du ministre d’Etat Mbaye Ndiaye qui prévient que tout opposant s’expose aux «moyens légitimes» dont dispose le président de la République pour le «contrecarrer».

C’est une note discordante dans les rangs du pouvoir sur l’affaire Khalifa Sall. Jusqu’ici, les hommes du Président Macky Sall s’employaient à battre en brèche les arguments d’une politisation dans les déboires judiciaires du maire de Dakar. Mais le ministre d’Etat Mbaye Ndiaye a ramé à contre-courant, avouant que le dossier Khalifa Sall est en partie «politique». «Oui, il y a politisation, mais elle vient d’où ? De ceux qui le veulent», déclare-t-il. Dans le cadre d’une conférence sur la «transparence et l’Etat de droit» organisée hier à la mairie de Yoff par Abdoulaye Diouf Sarr, le directeur des Structures de l’Apr a soutenu que le président de la République a les moyens légitimes pour frapper ses opposants. «Le Président Macky Sall a les moyens de combattre quiconque veut le combattre. Lorsque quelqu’un s’oppose à lui, il a le devoir de répliquer et de faire face. Il ne faut pas avoir honte de dire que Macky Sall a des moyens légitimes d’investiguer, d’auditer les affaires de la République. Il peut l’exercer sur tout dépositaire d’un mandat public, en particulier ceux qui s’opposent à lui. Si l’opposant ne fait pas dans la transparence, le Président peut le contrecarrer en utilisant cela légitimement contre lui», a-t-il déclaré.

«Mamadou Diop et Pape Diop ne s’opposaient pas au pouvoir»
Selon Mbaye Ndiaye, la politisation des affaires de la République vient des Sénégalais qui ont plébiscité le Président Macky Sall en 2012 avec 65% des suffrages. L’ancien maire des Parcelles Assainies de poursuivre : «Un homme (Khalifa Sall) a décidé de renier tout cela alors que le mandat du Président n’est pas terminé. On a voulu tout faire pour le diaboliser et hisser le maire de Dakar au même niveau que l’institution suprême de la République. A partir de ce moment, tout coup donné doit recevoir une réplique.» D’après le ministre d’Etat, le vrai problème est que Khalifa Sall a «transposé la crise interne au Parti socialiste dans les affaires de la République». D’après lui, ce qui est arrivé au chargé de la Vie politique du Ps n’est pas arrivé à ses prédécesseurs comme Mamadou Diop et Pape Diop. «Ces derniers ne s’opposaient pas à celui qui incarnait le pouvoir.» Faisant allusion à Bamba Fall et Barthélemy Dias, Mbaye Ndiaye invite Khalifa Sall à «revoir» son entourage parce que «certains ont maille à partir avec la justice».
A son tour, Abdoulaye Diouf Sarr a indiqué qu’une caisse d’avance «ne doit pas être gérée par un ordonnateur, mais un comptable». «Lorsqu’on réalimente une caisse d’avance, l’utilisateur doit apporter des justifications», précise-t-il. D’après le ministre de la Gouvernance locale, ne pas élucider l’affaire Khalifa serait une «jurisprudence dangereuse pour les générations futures».
bgdiop@lequotidien.sn

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