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La chanteuse Maïmouna Sourang alias Maïna vise bien loin. Après la sortie de Macilo, son tout premier produit sur le marché, elle lorgne déjà le «Prix Découvertes Rfi», un concours dédié aux jeunes talents de la musique africaine pour lequel elle s’est inscrite et dont elle espère sortir victorieuse.

Mince, allure fière et frêle à la fois, cheveux bouclés formant des rastas, guitare en bandoulière, c’est ainsi que Maïna, la native de Saint Louis, âgée de 26 ans, débarque au journal Le Quo­tidien. D’un pas emprunté, le regard candide contrastant avec une voix affirmée, elle plonge dans son univers artistique et musical pour sortir des arguments. De la fusion de sa voix et de sa guitare, naissent des ondes magiques. Et comme seuls réussissent à le faire de grands artistes, la jeune chanteuse a également ce don de toucher les cœurs et d’atteindre les âmes, par de simples notes. La musique, c’est tout un art, et dans son cas, trois ans de scène ont suffi pour apprivoiser cet art.
Maïna a fait ses premiers pas dans la musique à Saint-Louis, la Vieille ville dont elle est originaire. Elle a su, grâce au timbre ondulant de sa voix, enchanter les enfants du fleuve qui, écoutant cette voix mélodieuse qui se perdait au fond de l’océan, prédisaient à son auteur une carrière florissante. Après avoir fait tous les lieux de spectacle, Flamengo, l’Institut français de Saint-Louis… Ndar Guedj (Ndlr : autre appellation de Saint-Louis) était devenu trop petite pour la fille ambitieuse qu’est Maïna. «J’aspire à une longue carrière ; il me fallait sortir de Saint-Louis», confie-t-elle.
Quittant Saint-Louis, la voix de Ndar Guedj s’installe à Dakar, où elle anime des scènes, au Just 4 U par exemple. Elle se retrouve également dans les grands hôtels (Pullman, Terrou Bi, le Djolof) servant aux adeptes pop, soul, funk, folk, jazzy, et autres notes savoureuses. Celle qui donc toute petite, passait son temps à chantonner en mettant les chiffres à la place des lettres, est aujourd’hui une artiste, compositeur et musicienne accomplie. Cependant l’image de la première scène reste indélébile. «C’était il y a 3 ans à l’Institut français à Saint-Louis. Lors d’un concert que l’association la Liane, qui aide les talibés, avait organisé. J’étais avec feu Khabane Thiam qui m’a vraiment aidée sur le choix de la musique. J’ai interprété une chanson de James Brown It’s a man’s world. J’avais le trac, mais on m’a beaucoup encouragée», se souvient-elle.
De scène en scène, Maïna rencontre un jour Faada Freddy, le chanteur du groupe Daara J, qu’elle a découvert par hasard et adulait depuis. «Je n’écoutais pas vraiment la musique sénégalaise. Mais un jour j’ai entendu Faada Freddy interpréter le titre Massilo, c’était lors de son concert en mai 2015 au Grand Théâtre. Quand je suis passée devant la télé et que je l’ai vu jouer ce morceau, j’ai demandé, c’est qui lui ? Il chante bien», dit-elle. Poursuivant : « Ce qui m’avait frappée c’était la fusion des deux instruments (le piano et le xalam), la manière dont il ondulait sa voix qui était aussi magique ! Le tradi mêlé à l’occidental… Je n’en revenais pas ! Faada Freddy m’avait vraiment marqué», confie-t-elle.

Macilo comme Massilo de Faada Freddy
Et pour son premier produit, Maïna a voulu rendre hommage à ce musicien en intitulant son album Macilo, une chanson populaire que Faada Freddy a chantée. «Quand j’ai décidé de faire mon album, je me suis dit que je vais lui rendre hommage, puisque quelque part, c’est aussi grâce à lui que je fais de la musique. Je l’imitais bien. Et depuis qu’il m’a écouté chanter, il ne cesse de m’épauler. On a travaillé ensemble sur les voix, les chœurs. Faada, c’est comme un frère», soutient-elle toute émue.
Dans l’album Macilo, chanté en Français et Wolof, Maïna revendique sa double facette : Enracinement et ouverture. En l’écoutant, on le ressent. «Je comprends l’importance de la voie traditionnelle. Parce que je sais que même si j’écoute les Français, les Anglais, je ne pourrai jamais faire mieux qu’eux. Eux ont grandi dans leur sphère et comprennent beaucoup mieux», relève-t-elle. Les défis sont donc ailleurs.

«Le Prix découvertes Rfi»
Encadrée par des grands comme Hervé Samb qui a aidé dans Macilo, Franck Moulet, qui a assuré la direction artistique de Macilo, Ousmane Faye du label La Factory (son producteur), Jean-Michel Schmit (manager), Maïna se sent prête à relever de grands défis et à affronter le monde extérieur. Sélectionnée au concours «Les Découvertes de Rfi», elle est hyper motivée et confiante. «C’est toujours bon de faire des compétitions. Ça permet de connaitre ses faiblesses et aide à aller de l’avant. Si je le gagne, ça m’ouvrira d’autres portes et opportunités. Si je ne le gagne pas, ce ne sera pas une fin. Parce que je m’inscris dans une longue carrière», assure-t-elle. Cepen­dant, en son for intérieur, Maïna désire plus que tout remporter le «Prix Découvertes Rfi 2018». Pour preuve, sa ferme volonté de suivre les pas de Marèma Fall, de Awadi et de tant d’autres artistes qui ont inscrit leur nom dans le livre d’or de la musique. «Après tout, quand on fait un concours, c’est pour gagner !»
aly@lequotidien.sn

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