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Les Dakarois n’ont pas répondu, hier, à l’appel du Parti démocratique sénégalais (Pds) et ses alliés à la mobilisation contre la modification de la loi L78 du Code électoral comme ce fut le cas le 23 juin 2011. Les quelques téméraires ont été arrêtés par les Forces de l’ordre.

Il n’y a pas eu un 6 juillet 2017 à l’ampleur du 23 juin. L’appel de l’opposition à la mobilisation devant les grilles de l’Assemblée nationale n’a pas été suivi. Même si les contextes diffèrent, la place Soweto, qui était noir de monde le 23 juin 2011, était vide hier. Les Forces de l’ordre ont quadrillé la zone durant toute la durée de la séance plénière sur la modification de la loi L78 du Code électoral.  Plusieurs pick-up remplis de policiers ont été mobilisés. «Circulez ! Cir­cu­lez !», répétaient les policiers aux militants qui venaient de sortir de l’Hémicycle. Les attroupements étaient interdits. «Il n’y a pas à négocier ici», peste Djiby Diallo, sous-préfet de Dakar-Plateau à  l’endroit d’un manifestant entouré par des policiers. Mais même entre les mains des éléments de sécurité, Guy Mary Sagna est resté un opposant à la modification. «Il est inacceptable, à 25 minutes d’un match de football, qu’une des parties dise qu’elle va changer les règles du jeu. Le 30 juillet, il va se passer la même chose que ce qui s’est passé au baccalauréat. Nous assistons en direct à des fuites de résultats. Macky Sall s’apprête à voler les élections. Non au putsch électoral !», fulmine-t-il. Il finira par être embarqué dans le panier à salade. Direction le Com­missariat central.
Les minutes s’égrènent. Après leur sortie, un groupe de jeunes accusent : «Ils nous ont brutalisés. Libérez le Peuple !», scandent-ils.  Sans sommation, les policiers ont usé de grenades lacrymogènes pour disperser la foule. L’odeur et la fumée ont pollué en un laps de temps cet espace. Les plus sensibles ont les larmes aux yeux. Les candidats au baccalauréat, qui composaient au lycée Lamine Guèye, ont été aussi servis. Pour se consoler de ce malheur qui est venu s’ajouter au stress des fuites à l’examen, les élèves se protégeaient le nez avec des mouchoirs. Sur le perron, une candidate très atteinte par le gaz est restée des minutes sans bouger avant d’être évacuée à la salle des surveillants.
Le vice-président de Rewmi, lui, n’a pas eu le temps qu’il lui fallait pour exprimer son indignation face aux caméras. «Obligez-le à partir! C’est la voie publique !», ordonne un chef. Un autre renchérit : «Si vous ne partez pas, on va vous obliger à partir. C’est terminé !» Déthié Fall refuse d’obtempérer et rétorque : «Utilisez tous les moyens que vous avez. Qu’est-ce qu’il y a ?» Finalement, un des supérieurs a usé de la voie diplomatique pour calmer les ardeurs. Escortés, Déthié Fall et ses partisans ont été autorisés à s’adresser à la presse à quelques mètres de l’Assemblée nationale. La même scène s’est produite lorsque Oumar Sarr du Pds a voulu s’adresser à la presse. C’est à cet instant que Bassirou Kébé s’est interposé pour rappeler aux Forces de l’ordre en criant de toutes ses forces : «C’est un député. Mais qu’est-ce que ça veut dire ! Non.» Il faut noter qu’en plus de Guy Mary Sagna, membre de la coalition Ndawi askan wi de Ousmane Sonko, d’autres jeunes de l’opposition ont été interpellés.
msakine@lequotidien.sn

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