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Beaucoup de questions d’actualité. Une qui aura fait oublier les autres. L’affaire Khalifa Sall a occupé une bonne place lors du face-à-face entre le Premier ministre et son gouvernement et les députés. Mahammad Boun Abdallah Dionne a récusé toute «instrumentalisation de la justice» et tout caractère politique dans l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar qui vaut à Khalifa Sall et Cie un mandat de dépôt.

khalifa-sall-a-rebeussQuestions d’actualité… politique. C’est finalement le qualificatif qui sera le plus retenu de ce passage du Premier ministre à l’Assemblée nationale hier. Par moult tournures des députés, caisse d’avance, fonds politiques, affaire de la mairie de Dakar, tout se résumait à un absent très présent : Khalifa Sall. Et le coup d’envoi est sorti de la bouche d’une élue de la majorité, Awa Guèye en l’occurrence qui, au nom des Sénégalais, a voulu des éclaircissements sur les accusations de «deux poids deux mesures» dans la reddition des comptes. Et c’est parti pour un clin d’œil à ce rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) qui a épinglé le maire de Dakar et ses collaborateurs dans la gestion de la caisse d’avance. Mais aussi aux autres responsables audités par les mêmes vérificateurs et aux rapports de la Cour des comptes et de l’Ofnac. D’emblée, Maham­mad Boun Abdallah Dionne a tenu à rappeler que le chef de l’Etat a «dit et répété qu’il ne protégera personne». Sous ce rapport, indique-t-il, l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar «n’a rien de politique», puisque la mission de l’Ige a séjourné dans 7 mairies du pays que sont Dakar, Fatick, Saint-Louis, Ziguinchor, Kaolack, Guédiawaye et Pikine. Pour les deux dernières collectivités dirigées par des responsables de la majorité, le chef du gouvernement affirme que Alioune Sall et Abdoulaye Thimbo «ont été convoqués devant la chambre de discipline financière de la Cour des comptes, mais personne n’en parle». Aïda Mbodji, présidente du groupe parlementaire des Libéraux et démocrates, qui appelle à une pacification du climat politique, ajoute : «Le recours systématique à l’appareil judiciaire pour régler les problèmes politiques n’honore pas le président de la Répu­blique ni votre gouvernement, encore moins le Sénégal.» Mais Dionne qui semble voir autre chose derrière le constat de «relations difficiles entre le pouvoir et l’opposition» est formel : «Il n’y a que des relations entre le pouvoir et l’opposition. La démocratie ne doit pas également être la conséquence de deal sur le dos du Peuple. Il faut que les choses soient claires.» En réponse à Khalifa Sall et ses proches qui réclamaient la déclassification du rapport de l’Ige concernant la mairie de Dakar, le Pm les a freinés net : «Ces rapports sont estampillés secret-défense, à ne pas partager, sinon vous tombez sous le coup des lois et décrets régissant la sûreté de l’Etat.»
La patronne des députés du Pds a également attiré l’attention du gouvernement sur la question relative au statut du chef de l’opposition. Le chef du gouvernement répond : «Il ne peut pas être désigné ex-nihilo. Il sera le fruit d’un dialogue et le président de la République est ouvert à ce dialogue. C’est peut-être vous, madame, en tant que chef de l’opposition parlementaire.» Aïda Mbodji hoche la tête comme pour dire pas moi. «C’est peut-être le candidat arrivé à l’élection présidentielle comme deuxième. Qui sait ? C’est à la classe politique de décider qui doit incarner le chef de l’opposition. Mais la loi ne peut pas être rétroactive», dit-il.
msakine@lequotidien.sn

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