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Un policier a été tué et deux autres blessés lors d’une fusillade sur les Champs-Elysées revendiqué par l’État islamique. L’agresseur a été «abattu en riposte», a indiqué le ministère.

Alors que les candidats à la Présidentielle passaient leur dernier grand oral sur France 2, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d’une fusillade revendiquée par l’État islamique sur l’avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l’auteur a été abattu. Le Parquet antiterroriste s’est presque aussitôt saisi de l’enquête. Après une réunion de crise à l’Elysée avec Bernard Cazeneuve, Fran­çois Hollande a pris la parole : «Les pistes sont d’ordre terroriste», a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’un hommage national serait rendu au policier qui est mort dans l’attaque. «Nous serons d’une vigilance absolue pour sécuriser l’élection présidentielle», a également assuré le chef de l’Etat.
Selon nos informations, des policiers qui se trouvaient dans un fourgon ont été pris pour cibles par des tirs provenant d’un individu au volant d’un «audi» aux alentours de 21h 00 sur la célèbre avenue des Champs-Elysées. Un policier a été tué et deux autres blessés, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’un d’entre eux se trouverait en situation d’urgence absolue, son pronostic vital est engagé. L’agresseur a été «abattu en riposte», a expliqué le ministère. Une source judiciaire a confirmé le décès de l’assaillant. Un scénario confirmé par une source policière : «L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et a essayé de s’en prendre aux autres en courant.» Une touriste a également été «légèrement blessée par balle», a-t-on appris de source policière. Elle a reçu «un éclat dans le genou», a précisé cette source, sans indiquer la nationalité de cette touriste.
La préfecture de police a souligné que les circonstances de l’attaque n’étaient «pas déterminées». Le quartier a été bouclé et d’importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée. Une perquisition est également en cours en Seine-et-Marne, au domicile présumé de l’assaillant.

«Panique au métro»
Choukri Chouanine, gérant d’un restaurant situé rue de Ponthieu, dans une rue adjacente, a raconté avoir entendu une «fusillade brève», mais avec «beaucoup de tirs». «On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols», a-t-il ajouté. Un autre témoin qui n’a pas voulu donner son nom a expliqué qu’il se trouvait à «dix mètres» de la fusillade. «On a entendu des tirs comme une pétarade et on a vu une attaque sur des policiers, on est parti en courant», a-t-il dit. «C’était la panique au métro Franklin-Roosevelt, les gens couraient dans tous les sens», a raconté une femme qui se trouvait aux abords des Champs-Elysées. On ne connaissait pas dans l’immédiat les motifs de cette fusillade.

Une Présidentielle sous tension
Plusieurs candidats à la Présidentielle ont réagi soit en direct sur France 2 soit sur les réseaux sociaux à cette attaque en plein cœur de Paris. François Fillon a quant à lui décidé d’annuler les déplacements qu’ils devaient faire vendredi dans les Alpes pour la dernière journée de la campagne. Marine Le Pen a également annulé ses déplacements.
Cette attaque intervient à trois jours de l’élection présidentielle et en plein dernier grand oral télévisé des onze candidats à l’Elysée. Ce scrutin, très indécis, est placé sous très haute surveillance et se tiendra pour la première fois dans l’histoire de la Ve République sous le régime de l’état d’urgence, instauré dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015, les plus meurtriers jamais commis dans le pays avec 130 morts. La menace djihadiste reste en effet très forte. Une série d’attaques, parfois de masse, ont fait 238 morts depuis 2015, ciblant notamment la célèbre Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016 (86 morts). Et un nouvel attentat a été déjoué, selon les autorités avec l’arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer «une action violente» et «imminente». Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d’un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important composé d’armes et 3 kg d’explosif artisanal, du Tatp, dont une partie prête à l’emploi. Les recherches visant les deux hommes, tous deux fichés S, s’étaient intensifiées après l’interception par les renseignements, le 12 avril, d’une vidéo d’allégeance ou de revendication destinée à des membres du groupe jihadiste Etat islamique (Ei).
lepoint.fr

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