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carte_0004Dans la banlieue de Dakar, les populations de Pikine et Guédiawaye prennent d’assaut la préfecture qu’elles partagent pour obtenir la carte d’identité biométrique et d’électeur. Que du monde venant des coins et recoins de ces deux départements surpeuplés et au poids électoral déterminant ! Certains s’y pointent déjà entre 4 heures et 5 heures du matin pour figurer sur la liste qui sera appelée le lendemain. Anta Guèye raconte son calvaire : «Depuis ce matin, je suis là, et les conditions sont très difficiles. C’est d’abord pour prendre un rendez-vous. Puis on vous fixe une date à laquelle vous devez passer pour les vérifications des documents présentés. Et ensuite viendra le jour de l’inscription.» Une peine partagée par bon nombre de personnes trouvées sur place. Autre commission d’inscription, c’est la commune de Wakhinane Nimzatt qui vient de démarrer. C’est un nombre réduit de personnes enregistrées par jour. Un conseiller municipal sous le couvert de l’anonymat déplore les conditions. «Ici, à Wakhinane Nimzatt, des collègues viennent avec une pile de documents pour inscrire les membres de leur famille, leurs voisins, leurs amis, en laissant sur place des gens qui sont là depuis l’aube. Moi-même j’ai eu à me disputer pour ces pratiques. Mais c’est cela le Sénégal», regrette-t-il. A Wakhinane Nimzatt aussi, la machine s’est souvent plantée.

Djiddah Thiaroye Kao : la machine tombe en panne au premier jour
Les populations de Djiddah Thiaroye Kao avaient poussé un ouf de soulagement avec l’installation d’une commission administrative dans la commune. Mais la machine est vite tombée en panne le jour même du démarrage des opérations d’inscription. Finalement les citoyens ont dû rebrousser chemin, déception, désespoir, colère et mêmes invectives à la bouche. «Ce n’est pas sérieux ! Une machine qui tombe en panne au premier jour et pour une commune qui regroupe plus de 70 quartiers», se désole le vieux Sané, accompagné de son fils. Le maire libéral, Cheikh Dieng, de Djiddah Thiaroye Kao et le conseiller municipal apériste, Malal Diallo, qui avaient tous les deux mobilisé leurs militants, finiront par déchanter.
latifmansaray@lequotidien.sn

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