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De tout le temps ignoré dans les pourparlers autour de la centrale à charbon, le Collectif pour la sauvegarde de Miname veut se faire entendre. Plus exposés qui quiconque aux avatars de l’infrastructure énergétique, les habitants du quartier Miname appellent l’Etat à prendre en compte les intérêts et droits des populations laissées en rade dans tout le processus des discussions.

Les légitimes interlocuteurs dans les négociations à propos de la centrale à charbon n’ont pas été à la table des discussions. C’est l’avis du Collectif pour la sauvegarde  (du quartier)  de Miname.   «Quand il s’est agi de discuter, on a préféré nous ignorer royalement et parler avec d’autres choses  qui ne sont liées à cette centrale que par un activisme de concussion et de politique. Nous répondrons de nous-mêmes  et ne déléguons aucune parcelle de responsabilité à qui que ce soit car notre motivation présente est déterminée par notre vécu quotidien», a déploré hier mardi Bouna Bèye à l’occasion d’une assemblée extraordinaire organisée par les habitants de ce quartier traditionnel abritant la centrale à charbon. Leur courroux est d’autant plus grand que les tuyaux de pompage de l’eau de la mer pour la centrale à charbon, qui sont en train d’être installés, prennent leurs sources sur le point de débarquement des pirogues sans que les autorités ne les informent. «Miname est dans un étau avec l’implantation de la centrale à charbon qui assaille notre environnement et nous dépossède de nos terres cultivables (…) Nos parcelles à usage d’habitation sont confisquées, nos conditions de vie sont exacerbées par la déflation des nombreuses familles qui gagnaient leur vie dans la zone touristique. L’agression va jusqu’ a nous priver de notre aire de débarquement sans aucune concertation ni proposition en contrepartie», a-t-il égrené pour relever la difficile situation dans ce quartier jouxtant la centrale. Autant d’impairs qui l’ont poussé à apostropher les autorités au plus haut niveau pour les édifier sur leur devenir. «Nous ne sollicitons pas mais nous exigeons  de l’Etat, comme de ce maire de Bargny qui préfère jouer à cache-cache,  toutes les informations  concernant le devenir hypothéqué de Miname», a-t-il ainsi exhorté face à ce qu’il appelle la «tentative de faire disparaitre Miname et ses habitants». Idrissa Guèye, un autre habitant de Miname, y est allé plus fort considérant même la centrale comme du «bâti sur des bases mensongères». «Macky Sall ne peut pas dire  qu’il ne sait pas ce qui se passe ici parce que c’est son programme. A chaque fois qu’il y a une expropriation forcée, les populations sont indemnisées et recasées ailleurs alors pour nous, nos autorités sont plongées dans un mutisme total», s’est-il étranglé. Les Minamois ont regretté les courriers envoyés au  président de la République et au Premier ministre en date du 21 avril dernier et qui n’ont pas eu de réponses. «L’Etat, garant des droits et des libertés, ne s’occupe pas de nous mais nous allons continuer à lutter pour se faire respecter dans nos droits», a avisé M. Guèye.
abndiaye@lequotidien.sn

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