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Khalifa Sall, qui a toujours parlé de dossier politique dans l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar, a chargé l’Etat hier. Le député-maire a accusé Macky Sall, sans le citer, de lui avoir mis les bâtons dans les roues partout. Aujourd’hui, dit-il, à cause de l’«asphyxie financière» de la ville, les travaux de la Munici­palité sont bloqués.

«Je l’ai dit dès ma première prise de parole : C’est un procès éminemment politique. Le débat est plus politique que juridique.» C’est ainsi que Khalifa Sall a réagi hier à une question de l’un de ses avocats, en l’occurrence Me Issa Diop. Il n’a pas varié dans ses accusations contre l’Etat. Devant le juge correctionnel du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le premier magistrat de la ville est revenu sur ses démêlés avec l’Etat sur certaines questions. D’après le député-maire de la capitale, l’Etat est à l’origine du blocage d’un investissement d’un montant de 115 milliards de F Cfa qui était prévu par la Municipalité sur une durée de 5 ans. «Il s’agit de neutraliser la mairie pour l’empêcher de faire de gros investissements et de réaliser des actions sociales», regrette-t-il. Pour le prévenu Sall, l’«asphyxie financière de la ville» a fait que les travaux du parking de la Place de l’Indépendance n’ont toujours pas démarré. En plus de cela, ajoute-t-il, l’autre frein est lié à la canalisation de la Sde.
Le maire a aussi imputé la responsabilité de l’arrêt du pavage de certaines artères de la capitale à l’Etat. A la barre, il a également évoqué l’affaire du «blocage» de l’emprunt obligataire. Parlant de cette histoire, il dira : «Là aussi, on m’avait demandé quelque chose que j’avais refusé.» Et pour ce qui est du programme d’équipement des terrains des 19 communes d’arrondissement en gazon synthétique, l’édile de la ville a émis un souhait. «J’espère que l’Etat ne va pas nous dire : ‘’Vous n’avez pas le droit’’», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Khalifa Sall a été interrogé sur le blanchiment de capitaux, l’un des délits pour lesquels il est poursuivi. Très sûr de lui, il a déclaré : «Je suis prêt à me soumettre à n’importe quelle investigation sur mon patrimoine. Je suis prêt à donner procuration au procureur ou à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) pour aller vérifier mon patrimoine.» Sur cette question, il a indiqué que son patrimoine n’a pas évolué depuis sa dernière déclaration.
Questionné par Me Bamba Cissé, avocat de Mbaye Touré sur le délit d’association de malfaiteurs, M. Sall a répondu : «Il n’y a jamais eu de rencontre entre nous (lui et Touré). Tous ceux qui sont là sont des victimes collatérales», réitère-t-il. Mbaye Touré, lui, a encore répété que «tous les acteurs sa­vaient que cette caisse d’avance était un support des fonds politiques».
msakine@lequotidien.sn

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