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Par Mohamed Guèye – Des députés à l’Assemblée ont risqué d’en venir aux mains pour des questions aux antipodes des préoccupations des Sénégalais moyens, qui les ont conduits à siéger au sein de l’hémicycle de la Place Soweto. A partir du conflit interne au parti démocratique sénégalais (Pds) dont Wade a réussi à faire une affaire de toute l’opposition parlementaire, il y a lieu de se poser la question de savoir à quoi servent nos députés.

Pendant longtemps, ils avaient été catalogués comme une chambre d’applaudissement des décisions émanant de l’Exécutif. On nous avait même dit qu’à une époque, l’Assemblée était le lieu de concentration d’une forte densité d’analphabètes au mètre carré, se contentant juste d’approuver ce qu’ils ne comprenaient pas. Avec les années, nous avions cru que notre pays avait fait d’énormes progrès en la matière, et que les citoyens étaient enfin dignement représentés. Des situations telles que celles que nous vivons à chaque session, où des querelles de basse politique prennent le dessus sur les préoccupations des Sénégalais, en viennent à faire douter. On a maintenant un chambre d’amuseurs publics.
Tout le monde reconnait que l’Ecole sénégalaise est malade. Le Gouvernement a initié des Assises pour que tous les acteurs en discutent. A aucun moment, en aucun jour, on n’a entendu le Parlement se saisir de cette question pour en faire un sujet de débat national. Est-ce à dire que l’avenir de nos enfants est moins préoccupant que le contrôle du Pds, et partant, le statut du fils de son leader qui, on le sait, justifie tout ce tintamarre ?
Il parait que les règles de la Démocratie recommandent un parlement fort pour contrôler le travail de l’Exécutif. Il serait intéressant de chercher à savoir combien de Sénégalais sont convaincus que ce pays a un Parlement digne de cette appellation.

 mgueye@lequotidien.sn

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