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L’immense espoir né à la faveur de l’inauguration en mars 2016 par le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, d’un château d’eau de 2000m3 implanté au cœur du quartier Mbour III s’est aujourd’hui tristement brisé, se transformant en un sombre désespoir. Pour cause : une récurrente pénurie d’eau, qui a fini de plonger les usagers de la Sénégalaise des eaux (Sde) dans un calvaire indescriptible. Une situation devenue intenable.

Thiès a encore soif, l’espoir ayant cédé la place au désespoir. La promesse du Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dion­ne, lors de l’inauguration d’un château d’eau de 2000m3, implanté au cœur du quartier Mbour III, de fournir correctement l’eau dans les quartiers de Mbour I, Mbour II, Mbour III, Grand Standing, Sud Stade et Cité Lamy, n’a pas été finalement respectée. Le comité de suivi, de veille et d’alerte du collectif desdits quartiers assoiffés s’indigne et dénonce la «désinvolture des autorités» face à la pénurie récurrente d’eau dans leur zone. En effet, le chef du gouvernement, Mahammad Boun Abdallah Dionne, avait annoncé, en mars 2016, à la veille du référendum, lors de l’inauguration de la station de pompage d’une capacité de 6000m3/j, que «la pénurie d’eau qui secoue la Cité du Rail depuis plus de dix ans ne sera plus qu’un mauvais souvenir». Il ras­surait que lesdits quartiers «n’auront plus de problème d’eau avec la mise en service de la station de pompage qui va augmenter la production d’eau pour alléger les populations». Mais que nenni ! Selon les populations, «les pénuries d’eau sont toujours d’actualité». La preuve, selon Abdou Aziz Diop, «c’est que depuis 12 jours, pas une seule goutte du liquide précieux ne s’est exfiltrée des robinets». Cet habitant de Mbour III dénonce : «Le château d’eau implanté dans notre quartier est presque inutile pour les populations qui l’assimilent à un meuble ou une décoration. Pourtant, lors de son inauguration, le Premier ministre nous avait rassurés publiquement que jusqu’en 2025, il n’y aurait plus de problème d’eau dans ces quartiers.» Malheureu­sement, regrette-t-il, «tel n’est pas le cas. La situation s’est empirée aujourd’hui et les populations sont presque à bout», s’étrangle-t-il. Des sources contactées signalent que la station de pompage d’une capacité de 250m3/h, soit 6000m3/j et sa conduite de refoulement en fonte ductile sur 5,6km, un ouvrage réalisé par la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), n’arrive pas à pomper l’eau à un certain niveau qui puisse permettre l’approvisionnement correct des populations.
Que dire des populations de Cité Lamy ? Un quartier qui reste secoué depuis bientôt un bon moment par une pénurie d’eau à n’en plus finir. Le liquide précieux étant devenu une denrée rare sur les lieux. Les puits restent les seules alternatives, aux risques et périls des consommateurs. Des tracasseries qui empêchent les habitants dudit quartier très touché de dormir du sommeil du juste. «Le déficit voire le manque d’eau est un problème chronique dans ce quartier et ce depuis plusieurs années. Nous sommes mal desservis, c’est pourquoi nous recourons à l’achat de fûts d’eau pour nous ravitailler.» Mais, s’offusquent-ils, «c’est sans compter avec certains charretiers véreux, qui proposent le fût à 1000 francs Cfa». Et, devant l’impossible nul n’est tenu, «on est obligé d’en acheter deux, voire quatre tous les jours», déplore la dame Khady Diop. Qui dit «en avoir marre». A défaut d’avoir son fût, elle se rabat sur l’eau de puits pour alimenter son foyer. «Nous sommes inquiets parce que c’est un problème qui vient s’ajouter à nos dures réalités quotidiennes.» La ménagère n’a pas manqué de dénoncer «le non-respect par la Sde du contrat qui la lie aux clients et abonnés, à savoir une fourniture d’eau en qualité, quantité et en permanence». Sans compter «la cherté inexplicable et difficilement acceptable des factures salées malgré les pénuries fréquentes d’eau». Non sans ajouter que «la coloration rouge-brunâtre de l’eau nous fait douter de sa potabilité», soutient-elle. Du côté de la Direction régionale de la Sde, les camions citernes sont mobilisés pour essayer de soulager les populations, en attendant de trouver une solution durable au problème.
nfniang@lequotidien.sn

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