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L’université sénégalaise est encore en crise. La mort de Fallou Sène mardi à l’Université Gaston Berger (Ugb), lors d’affrontements entre étudiants et Forces de l’ordre, a provoqué la colère de la population de l’enseignement supérieur. Aussi bien les enseignants que les étudiants ont déserté les amphis dans toutes les universités du pays. Cette crise, qui intervient à trois mois de la fin des cours, aura sûrement des conséquences sur le calendrier des examens.

C’est une nouvelle crise qui est vécue à l’université. A peine celle scolaire réglée de justesse à la fin du mois d’avril, voilà que les affrontements entre les gendarmes et les étudiants de l’Ugb ayant conduit à la mort du jeune Fallou Séne ont mis le feu aux poudres. Avec cette mort de plus dans la longue liste d’étudiants tués dans les campus universitaires, ce sont les étudiants de toutes les universités et les syndicats de l’enseignement supérieur, qui ont décidé de hausser le ton pour dénoncer ces bavures. En plus des étudiants qui sont en mouvement, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) et le Sudes/Esr ont décrété 48 heures de grève. Dans son communiqué, le Saes a dénoncé «l’usage disproportionné de la violence aveugle et irresponsable face à des étudiants désarmés qui, en toute légitimité, ne demandent que le paiement de leurs bourses». Pr Malick Ndiaye et ses camarades fustigent le fait que les autorités n’aient pas réagi à temps aux «plusieurs alertes» qui leur ont été envo­yées.

Le Sudes/Esr demande la démission du recteur de l’Ugb
Dans la même veine, les syndicalistes rappellent que «l’intervention des forces de l’ordre dans le campus est encadrée par la loi 94-79 relative aux libertés et franchises universitaires». Ainsi pour eux, «le recteur (Ugb) qui, de son propre chef, a autorisé l’intervention des Forces de l’ordre sans avoir saisi au préalable l’Assemblée de l’université conformément à l’article 4 de la loi précitée, doit en tirer toutes les conséquences». C’est aussi ce qu’a fait savoir le Sudes/ Esr dans son communiqué. Cet autre syndicat de l’enseignement supérieur estime que «le recteur de l’Ugb doit tirer toutes les conséquences de sa demande d’intervention des Forces de l’ordre dans le campus social en démissionnant immédiatement de son poste». Tout comme leurs camarades du Saes, ces syndicalistes exigent de «l’Etat que toute la lumière soit faite très rapidement sur cette affaire extrêmement grave et que les coupables soient traduits devant les tribunaux et que justice soit rendue». Ces deux syndicats, qui se solidarisent avec les étudiants pour dénoncer «la violation flagrante des droits humains au sein des campus universitaires sénégalais», observent une grève d’avertissement de 48h pour condamner cette violence et inviter les autorités compétentes à prendre toutes les mesures qui s’imposent. Une situation qui va sûrement avoir un impact sur le déroulement des cours et surtout sur le calendrier des examens. Sachant que les années universitaires se chevauchent depuis des années maintenant, cette nouvelle crise qui intervient en cette période de fin d’année va encore compliquer la situation.
dkane@lequotidien.sn

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