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Tête de liste de la coalition Manko taxawu senegaal (Mts), Khalifa Ababacar Sall sera-t-il de la campagne électorale ? La fera-t-il depuis la prison ? Est-ce que l’équipe de la Rts, dans un souci d’équilibre à l’égard de toutes les listes en compétition, se rendra à la prison de Rebeuss pour enregistrer sa déclaration ? Ces interrogations restent pour le moment sans réponse. La réunion entre le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et les mandataires des listes n’a pas permis de clarifier la présence sur le petit écran, lors de la campagne électorale (ou­verture le 9 juillet), du chef de file de Mts, en prison depuis près de 4 mois dans l’affaire dite de la caisse d’avance de mairie de Dakar. «La semaine dernière, le ministre de la Justice, M. Sidiki Kaba, a dit à l’Assemblée nationale que Khalifa Sall jouit de tous ses droits civiques et qu’il peut valablement battre campagne comme tous les candidats à cette élection. Je voudrais savoir les dispositions prises par la Cena et le Cnra pour pouvoir permettre à notre tête de liste de pouvoir battre campagne et délivrer son message au Peuple sénégalais», interpelle Fatoumata Gassama Fall, représentante de Mts.

Le président du Cnra : «On ne peut pas répondre à cette question»
Visiblement, la question gêne. Elle embarrasse les autorités. «Ce n’est pas ici qu’on va trancher cette question, décrète Babacar Touré, président du Cnra, peu loquace sur le sujet. Ces propos (du ministre de la Justice) engagent celui qui les a tenus. Ce n’est pas au Cnra de répondre si une tête de liste empêchée par la loi peut battre campagne. On gère les candidats qui sont en activité. Si demain la loi prévoit qu’il puisse sortir et battre campagne, on fera dans l’égalité de traitement. C’est une question qui n’est pas de notre ressort et à laquelle nous ne pouvons pas répondre.»
Intrépide, la responsable du Fsd/Bj revient à la charge pour repréciser sa pensée : «Je n’ai pas dit qu’on le sorte de prison. On nous dit qu’on peut prendre des images dans un salon, une maison et dans les meetings. Est-ce que la Cena, pour un candidat qui jouit de tous ses droits physiques et présumé innocent, peut lui permettre d’enregistrer ses messages depuis la prison de Rebeuss ?»

La Cena attend d’être saisie
Logé à côté du président du Cnra, le directeur général de la Rts, Racine Talla, si prolixe durant toute la réunion, adopte le silence. Du côté de la Cena, si le colonel Momar Guèye est présent, Babacar Touré rechigne à lui donner la parole. «Ce n’est pas une réunion de la Cena», dit le président Touré, le ton autoritaire. Mais à la fin, le représentant de la Cena décide de répondre. Mais avec beaucoup de prudence. «La Cena arbitre, contrôle et supervise les élections, c’est-à-dire faire respecter les lois et règlement en matière électorale (…) Si vous avez des interpellations, ce n’est pas moi qui vais y répondre, c’est l’Assemblée générale de la Cena qui va se réunir, délibérer et donner une réponse», explique M. Momar Guèye.
bgdiop@lequotidien.sn

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