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La chorégraphe et danseuse Germaine Acogny a fait une sortie ces derniers temps dans la presse pour alerter sur la situation de son établissement, l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw ; d’où l’intérêt pour le public de se faire une idée de cet établissement, sa situation et son fonctionnement.

La danseuse et chorégraphe Germaine Acogny a besoin d’aide. Son école risque de fermer ses portes si rien n’est fait. Pour l’heure, l’Ecole des Sables compte sur les amis de l’établissement, regroupés au sein d’une association. Elle est basée à Toubab Dialaw à une cinquantaine de kilomètres de Dakar. L’architecture ressemble à un petit village niché dans une savane. Au milieu des rochers, un dinosaure de pierres fixe son regard vers la gauche. Un peu loin de cet animal immobile, les oiseaux signalent leur présence dans cet endroit tranquille par des gazouillements.
A l’intérieur du restaurant, la responsable Adama Ndiaye et ses collègues s’affairent autour du repas du jour. Les appartements, appelés villages, au nombre de 3, ornent le décor, en plus de la grande salle de spectacles. Les villages A, B et C disposent respectivement de 7, 8 et 9 chambres. Chacune est équipée de lits, de tables, de tabourets, mais aussi de ventilateurs. A quelques mètres, on retrouve les toilettes. Et comme dans une véritable agglomération rurale, le lieu est spacieux. Sous un fort soleil, l’air circule bien. La «place du village», les coins intimes aménagés. Sur une certaine position, on aperçoit la mer à perte de vue. L’Ecole des Sables est au bord d’une sorte de lagune. Ici, c’est «deux sources qui se rencontrent. La mer qui rentre et une eau douce qui vient de la région de Thiès et qui viennent se rencontrer».
Comment a été conçu ce modèle de construction ? Le directeur technique de l’Ecole des Sables répond : «D’abord, nous avons essayé de travailler avec des architectes sénégalais. Nous avons fait venir Ndiouga Cissé. Il y a eu d’autres qui sont venus, mais en fin de compte nous ne voulions pas construire sur un genre de béton. Donc, il fallait chercher du matériel qui puisse épouser la nature. C’est comme ça que Helmut et Germaine, qui ont conçu ce centre, ont rencontré un groupe d’architectes basés à Paris, Architecture et développement, qui était dirigé par Ludovic Jonar.» Et d’après Delgado Didier, pour avoir une température ambiante, les chambres ont été construites avec des briques cuites au four à 1 000 degrés.
Avec ces briques en géo-béton, qu’il fasse chaud ou qu’il fasse froid, la température alterne. En effet, la pose de la première pierre a été faite en 1996 par le ministre de la Culture de l’époque du régime de Abdou Diouf, M. Abdoulaye Elimane Kane. Mais avant, «il fallait d’abord trouver les financements. Donc Germaine et Helmut ont été obligés de vendre des biens en Europe pour venir investir ici. C’est avec cet argent qu’ils ont acheté la première structure «Aloopho», la salle de danse qui est sur 400 mètres carrés», se rappelle Didier.
C’est ainsi que des partenaires, comme l’Union européenne, ont investi pour participer à la finition des travaux. Germaine Acogny a ouvert cet établissement pour venir en aide aux enfants du continent, passionnés de danse. L’Ecole des Sables organise ou fait annuellement des stages d’une durée de trois mois. Pour y intégrer, «on leur demande d’essayer d’obtenir des bourses ou alors une aide. Maintenant, s’ils n’arrivent pas à trouver ces aides, nous sommes là pour les appuyer parce que nous avions reçu de l’argent des bailleurs de fonds. Donc cet argent, il fallait bien que nous l’utilisions pour aider parce qu’il ne fallait pas faire des bénéfices. Il y a certains danseurs que nous prenions en charge : les billets d’avion, les perdiems, la nourriture, l’hébergement», explique le collaborateur de Ger­maine.
A Toubab Dialaw, c’est le rendez-vous du donner et du recevoir, car «chacun doit venir avec la danse originale de son pays qu’il doit transmettre aux autres qui, en rentrant, doivent transmettre tout ce qu’ils ont eu à apprendre ici». Mais aussi d’autres sessions de formation sont ouvertes à l’ensemble du monde sur une période de 3 ou 4 semaines. Jusqu’ici, d’après Didier, pas moins de 600 «sablistes» ont été formés. Aujourd’hui, il a bon espoir en ce qui concerne l’avenir de leur patrimoine. Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, qui y a récemment effectué une visite aurait promis de réagir.
msakine@lequotidien.sn

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