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Les anciens hommes de tenue ne comptent pas croiser les bras face aux menaces terroristes qui n’épargnent pas le Sénégal. L’Association des anciens élèves de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr appelle à la surveillance des zones sensibles, au changement de comportement des citoyens.

L’Association des anciens élèves de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr entend mettre au service de l’Etat, son expérience dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans le pays. Vendredi dernier, ses membres se sont réunis autour d’un diner débat sur le thème : «La sécurité intérieure à l’ère des nouvelles infrastructures.» Aujourd’hui, préconise le général de Corps d’armée, Abdoulaye Fall, ancien Haut commandant de la Genarmerie nationale et ancien ambassadeur du Sénégal au Portugal, les espaces sensibles comme l’aéroport international Blaise Diagne, les zones touristiques, les espaces naturels comme les forêts de la Casa­mance exigent une prise en compte particulière. Mais aussi, dit-il, les montagnes, les frontières, le cyber-espace nécessitent «une surveillance permanente avec des moyens conséquents et variés, pour assurer une bonne harmonie au sein des populations». Pour ce faire, il estime que le dispositif sécuritaire comme préventif doit être adopté aux spécificités du territoire et au mode de vie des populations qui y résident. Selon lui, on ne peut pas utiliser la même stratégie à Saly, qui est une zone touristique, qu’à Keur Massar, en banlieue dakaroise ou encore à Kédougou, une région aurifère.
Pour endiguer la menace dans ces endroits cités ci-dessus, qui constituent des espaces qui intéressent les réseaux criminels, le général Fall pense qu’il faut une «approche stratégique globale». A son avis, les communes doivent avoir aussi leur police municipale pour accompagner les forces régaliennes à prévenir des attaques jihadistes. D’ailleurs, du point de vue de l’observateur des Nations-Unies en Irak entre 1989 et 1991, la prévention devrait intégrer le champ des compétences transférées. En gros, il pense que notre politique de sécurité doit viser les objectifs suivants à savoir l’équité, la proximité sociale et la sécurité permanente. Sur ce point, le colonel Amady Diallo, ancien gendarme, n’a pas mis de gants pour critiquer l’attitude des hommes de tenue qui, d’après lui, restent «trop dans les bureaux». A en croire le pandore à la retraite, «les forces ne sortent pas comme elles devaient sortir sur le terrain».
Représentant les agences privées de sécurité, Ibrahima Diallo dit Iba a fait savoir qu’«un Etat est en quelque sorte un camp où les allers et venues doivent être scrutés à la loupe, les menaces endiguées ou prévenues, les frontières contrôlées». Il a rassuré que les acteurs de la sécurité privée sont outillés et manifestent leur disponibilité à accompagner l’Etat. Non sans préciser qu’il s’agira d’un rôle complémentaire à celui de la gendarmerie et de la police. Cependant, reconnait M. Diallo, les membres se doivent d’être irréprochables. D’après lui, les 470 entreprises qui évoluent dans le secteur dont 371 à Dakar sont prêtes à apporter leur savoir-faire dans la sécurisation des frontières, le contrôle des accès des infrastructures à venir comme le Train express régional (Ter), l’autoroute Ila Touba.
Quant au président de l’association, le général de brigade Babacar Gaye, ex-chef d’Etat-major général des armées, il a rappelé que le premier problème de la sécurité c’est le comportement des citoyens.
msakine@lequotidien.sn

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