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Par Hamath Kane – Il y a de quoi désespérer de nos députés. Il faudrait concrétiser ce que Niasse, comme le surveillant de la classe, a dit à ses mauvais «élèves» absentéistes : proposer un registre, le pointage ailleurs, ou la feuille de présence dans nos écoles. Parce que ce comportement de nos parlementaires rime bien avec les écarts d’élèves de l’élémentaire. N’est-ce pas les députés eux-mêmes qui ont sollicité- le contrôle de l’Exé­cutif oblige- la présence du gouvernement devant eux tous les 15 jours ou au moins une fois tous les mois ? Alors, si l’on en arrive à ce que ceux qui votent les lois, violent «leur» propre loi, c’est qu’on s’éloigne davantage- c’est déjà le cas depuis la 12ème législature- de la rupture chantée par les nouveaux élus et le régime de Macky Sall.

Imaginez un seul instant qu’un ministre s’absente délibérément du Conseil des ministres ou qui le quitte sous les yeux du Président ! C’est dire qu’il appartient au président de l’Assemblée nationale de prendre ses responsabilités en sanctionnant les contrevenants. Pour la plupart, nous avons des députés affairistes qui, à l’aide de nos passeports diplomatiques, inondent le marché de produits de Dubaï. Et dire que certains en réclament d’ail­leurs pour leurs épouses ! Ils sont quand même payés à veiller aux intérêts du Peuple. Et, ces vice-présidents cultivent finalement le vice de l’absentéisme contre la vertu de leur rang de ministre que le même Peuple leur a accordé, plus que les «simples députés». Dormeurs, le réveil risque d’être brutal et l’on ne retiendra pas que ces Morphée de parlementaires mais bien la première Législature sous Macky Sall elle-même. Le sommeil fera partie de son bilan. Dieu sait que ce ne sera pas en dormant que le pays se réveillera si vite. Que le pays émergera. Alors que le débat sur le terrorisme se pose avec acuité, nos parlementaires dormeurs, eux, préfèrent «brûler» notre carburant sans arrêt, distribuent nos sous sans compter, ferment leurs bureaux sans gêne… Le tout pour faire l’Assemblée buissonnière.
hamath@lequotidien.sn

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