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«Le tabac tue plus que les autres drogues.» L’avis est du coordonnateur adjoint du Programme national de lutte contre le tabac, Oumar Ndao. C’était à l’occasion de l’installation officielle des comités départementaux de lutte contre le tabagisme. Faisant état des enjeux mondiaux de la lutte anti-tabac, face aux stratégies déployées par les industriels du secteur vers les pays pauvres, M. Ndao a révélé que, selon l’Organisation mondiale de la santé, «le tabagisme est la première cause de décès évitables dans le monde. 6 millions de décès dus au tabac sont désormais enregistrés à travers le monde, dont 600 000 non-fumeurs emportés par les effets du tabagisme passif. Et d’ici 2020, si rien n’est fait, on aura 10 millions de morts dus au tabac, dont les 70% proviendront des pays pauvres», fera savoir Oumar Ndao, selon qui «la majorité des consommateurs de tabac en Afrique sont constitués de jeunes de moins de 20 ans». Il ajoute : «Selon la Banque mondiale, les pertes économiques liées au tabagisme sont estimées à 20 milliards de dollars Us dans le monde dont 50% dans les pays pauvres pour la prise en charge des malades victimes du tabagisme.» Toutes raisons, selon lui, de la mise en œuvre au Sénégal de la loi 2014-14 du 28 mars 2014 relative à la fabrication, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente, et à l’usage du tabac. Une loi qui sera appliquée dans toute sa rigueur le moment venu, selon l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Mbassa Sène. «Les fumeurs qui polluent les lieux publics sont exposés à des sanctions pénales et pécuniaires. Ils encourent une amende de 5 à 100 mille et un emprisonnement de 3 mois maximum», d’après des dispositions contenues dans la loi interdisant l’utilisation de la cigarette dans les lieux publics. Toutefois l’autorité administrative fera savoir que présentement l’accent est mis sur la sensibilisation et la communication afin de mieux imprégner les populations aux mesures répressives qui seront prises. «Nous allons mettre en œuvre une stratégie de communication et de sensibilisation pour faire respecter les dispositions de la loi. Après la mise en place de ces comités, on va répertorier les lieux publics en collaboration avec les préfets des départements pour ensuite définir une stratégie de sensibilisation en attendant l’application effective de la loi», fera-t-il savoir non sans déplorer l’attitude de certains fumeurs qui, malgré les mesures d’interdiction annoncées, continuent de fumer partout, même dans les lieux publics. Au-delà, l’adjoint du gouverneur de Thiès a renseigné qu’après la mise en œuvre de la loi antitabac, un décret d’application a été aussi pris avant l’arrêté du ministère de la Santé et de l’action sociale pour la mise en place d’un Comité national. «A Thiès, le gouverneur de la région a pris un arrêté en conformité avec le Comité national pour mettre en place un dispositif de veille et d’application de cette loi. Et la rencontre d’aujourd’hui s’inscrit dans ce cadre. Nous allons installer d’abord les comités départementaux de lutte anti tabac mais également échanger sur la législation notamment la loi et le décret d’application mais également les arrêtés.» Pour dire, Selon Mbassa Séne,  «nous sommes en phase avec les instructions du ministre de la Santé et de l’action sociale, Awa Marie Coll Seck, mais également en phase avec le Programme national de lutte contre le tabac qui voudrait d’abord qu’on installe ces comités pour ensuite définir un plan d’actions pour pouvoir à l’avenir mieux répondre à leurs sollicitations».  Revenant sur le rôle des comités départementaux de lutte contre le tabac, le coordonnateur adjoint du Programme national de lutte contre le tabac, Oumar Ndao, fera savoir que ces derniers vont élaborer des plans d’actions. Lesquels vont, selon lui, être «essentiellement portés, pour le moment, sur l’aspect protection contre l’exposition à la fumée du tabac. C’est-à-dire l’interdiction de fumer dans les lieux publics».

 nfniang@lequotidien.sn

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