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Les réalisateurs Ousmane William Mbaye et Pape Bouname Lopy ont chacun reçu ce samedi à Carthage le Tanit d’argent, respectivement dans les catégories long et court métrage documentaire et fiction. Aussi, Alain Gomis qui était en compétition long métrage de fiction avec son film «Félicité» a obtenu deux distinctions. Il a remporté le prix de la Meilleure musique de film et l’actrice principale de son œuvre, la Congolaise Vero Tshanda Beya, a eu le prix de la Meilleure interprétation féminine.

Le cinéma sénégalais s’est encore une fois fort bien illustré aux Journées cinématographiques de Carthage. A la cérémonie de clôture de la 28e édition, Ousmane William Mbaye, dont le film Keymtiyu Seex Anta était en compétition dans la catégorie long métrage documentaire, a remporté le Tanit d’argent. Ce film qui a déjà obtenu plusieurs distinctions dans de nombreux festival dresse le portrait de Cheikh Anta Diop, «personnage vénéré par certains, décrié par d’autres, mais méconnu par beaucoup». Durant toute sa vie, ce savant, précurseur insatiable de sciences et de connaissances, homme politique éclairé, fut en quête de vérité et de justice afin de redonner à l’Afrique conscience historique et dignité. Le lauréat qui a «connu des heures de gloire» à Tunis – (Ndlr : Il avait obtenu le Tanit d’or en 2012, la plus grande récompense pour chaque catégorie de films aux Jcc, et son premier court métrage, Doomi Ngacc («L’enfant de Ngatch»), réalisé en 1979, avait aussi remporté le Tanit de bronze la même année) – a eu une pensée pour le cinéma sénégalais, le Fopica, remercié le jury et les organisateurs avant de dédier son prix à Khaltoum Bornaz (Ndlr : Elle appartient à la première génération de femmes cinéastes en Tunisie, et à une génération d’artistes et d’intellectuels jeunes au moment de l’indépendance tunisienne, qui ont grandi et émergé professionnellement durant la période de gouvernance de Bourguiba. Khaltoum Bornaz est décédée en septembre 2016).
Dans la catégorie court métrage fiction, le jeune Pape Bouname Lopy a lui aussi obtenu le Tanit d’argent pour son film Dem dem. Un court métrage tout aussi prisé par les festivals et qui a déjà obtenu plusieurs trophées. Ce film, né de l’inspiration et de la rencontre entre Pape Bou­name Lopy, Marc Recchia et Christophe Rolin, raconte l’histoire de Matar, un pêcheur sénégalais qui ramasse un passeport belge sur une plage de Dakar. Il décide de l’utiliser. Et sur sa route, il croise N’Zibou, le fou-savant qui mesure les nuages. Celui-ci questionne Matar sur sa quête d’identité… Pape Bou­name Lopy, très ému et au bord des larmes en recevant ce trophée qui lui est décerné à un «moment symbolique et précieux de sa jeune carrière, a eu une pensée pour son maître décédé la veille, le défunt réalisateur Abdel Aziz Boye. «C’est lui qui m’a formé. Il est et restera notre maître…», a-t-il confié en marge de la cérémonie, précisant que le jour de son arrivée aux Jcc, il a eu au téléphone le réalisateur Abdel Aziz Boye qui lui disait : «Boy, bonne chance ! Ramène-nous des trophées !» Le réalisateur de Dem dem a également eu une pensée pour tous ses collègues et amis de Ciné-banlieue.

Alain Gomis à nouveau…Félicité
Outre ces deux représentants du Sénégal, le réalisateur Alain Gomis, dont le film était aussi en compétition long métrage fiction, est lui aussi sur la grande marche des distinctions. Son film Félicité a remporté le prix de la Meilleure musique de film et son actrice principale, Vero Tshanda Beya, a remporté le prix de la Meilleure interprétation féminine. Alain Gomis, heureux, a déclaré sur un ton plaisantin qu’il se chargera de «remettre le prix à l’actrice» congolaise qui n’a malheureusement pu faire le déplacement.
D’autres distinctions ont été décernées lors de cette soirée de clôture de la 28e édition des Journées cinématographiques de Carthage. Les Tanit d’or sont revenus aux films Koro du Bakoro de Simplice Ganou Herman, Burkina Faso, dans la catégorie film documentaire long métrage, Aya de Moufida Fedhila de la Tunisie, dans la catégorie court métrage fiction pendant que Jackenson – From street kid to champion de Linda Leïla Diatta, Jean-Marc Poteau, Niger – Haïti a obtenu le Tanit d’or du court métrage documentaire.
La récompense suprême long métrage fiction a été décernée au film The train of salt and sugar du Mozambicain Licinio Azeve­do.

LE PALMARES

Catégorie long métrage fiction
Tanit d’or : The train of salt and sugar, Licinio Azevedo, Mozambique
Tanit d’argent : Inxeba, John Trengove, Afrique du Sud
Tanit de bronze : Volubilis, Faouzi Bensaid, Maroc
Meilleur montage : En attendant les hirondelles, Thomas Marchand, Algérie
Meilleure image : The train of salt and sugar, Frédéric Serve, Mozambique
Meilleure musique : Félicité de Alain Gomis
Meilleur scénario : Vent du Nord, Leyla Bouzid, Claude Le Pape, Walid Mattar
Meilleure interprétation féminine : Félicité, Vero Tshanda Beya
Meilleure interprétation masculine : Abdelmonem Chouayet, Mustafa Z
Catégorie long métrage documentaire
Tanit d’or : Koro du Bakoro, Simplice Ganou Herman, Burkina Faso
Tanit d’argent : Kemityu-Cheikh Anta , Ousmane William Mbaye, Sénégal
Tanit de bronze : Upon the shadow, Nada Mezni Hfaiedh, Tunisie
Mention spéciale du jury : Ghost hunting, Raed Andoni, Palestine
Catégorie court métrage fiction
Tanit d’or : Aya, Moufida Fedhila, Tunisie
Tanit d’argent : Dem dem, Lopy Pape Bouname, Marc Recchia Christophe Rolin, Sénégal
Tanit de bronze : Affabilité, Ahmed Nader, Egypte
Mention spéciale du jury : Les secrets du vent, Imen Naceri, Tunisie
Catégorie court métrage documentaire
Tanit d’or : Jackenson – From street kid to champion, Linda Leïla Diatta, Jean Marc Poteau, Niger – Haiti
Tanit d’argent : Pas de port pour les petits bateaux, Joelle Abu Chabke, Liban
Tanit de bronze : Gaza by her, May al Odah, Palestine
Mention spéciale du jury : Cloch’art, Manel Katri, Tunisie
Prix Tahar Chriaa, première œuvre : Walid Mattar pour Vent du nord, Tunisie
Prix Tv5 Monde, première œuvre : Walid Mattar, Vent du nord, Tunisie
Prix Ugtt : Kawther Ben Hnia, pour le scénario de La belle et la meute, Tunisie
Prix Cnci pour la Meilleure image : Mohamed Siam, Force majeure, Egypte

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