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L’activisme du Dg du Port de Dakar, M. Cheikh Kanté, met mal à l’aise même au sein de son parti, l’Apr.

Excellence,
Votre silence vis-à-vis des pratiques insolentes, démagogues et moyenâgeuses du nain politique qui se proclame urbi et orbi votre «Baye Fall» est intrigant.
Excellence, l’excès de zèle, l’indiscipline militante et l’achat des consciences constituent les principales caractéristiques d’un certain Cheikh Kanté que vous laissez dérouler à travers tout le pays et même à l’étranger. L’actuel directeur général du Port autonome de Dakar pense que les femmes et les hommes de ce pays, quel que soit leur statut social, s’achètent en argent comptant comme bêtes de somme.
En effet, à peine séparé du Président Wade dont il ne fut peut-être pas le «Baye Fall», il s’engage juste avant l’élection présidentielle de 2012 à vos côtés, lorgnant le fauteuil du port qu’il n’arriva pas à décrocher malgré son intense lobbying sous le règne du Pape du Sopi. On dirait que Cheikh Kanté ne croit pas à la possibilité de l’avènement d’un Sénégal émergent, une possibilité que vous ne cessez de défendre depuis le début de votre mandat, Excellence !
Bonne gouvernance, sobriété, reddition de comptes, transparence, et que sais-je encore, laissent de marbre cet homme qui n’a de respect que pour la «force» des espèces sonnantes et trébuchantes, face à des Sénégalaises et Sénégalais dévorés de jour en jour par le besoin. Toutes les stratégies de ce monsieur tournent autour de la distribution d’argent pour continuer à exister.
Seulement, cet homme, du reste très mal entouré (il le veut d’ailleurs ainsi), ne retient aucune leçon du passé et n’a personne pour l’aider à reprendre ses esprits et revenir sur terre. Lors des élections locales de 2009 à l’occasion desquelles il était tête de liste de la coalition Sopi pour la course à la mairie de Fatick, il a été laminé par son actuel «patron» que vous êtes devenu et ce, malgré les grosses sommes qu’il offrait à tout-va à travers les rues, coins et recoins de la région de Fatick. Piètre orateur et piteux politicien, ce distributeur automatique de billets de banque assigne à l’argent une absolue et mythique efficacité. Je n’ai rien contre l’homme, mais il faut qu’il s’arrête et fasse un examen de conscience, faute de quoi, il devrait y être contraint d’urgence.
Excellence, plus que n’importe quel autre Sénégalais, vous savez très bien que Kanté est coutumier des faits. Mais jamais nous n’avons  eu vent de la plus petite mise en garde à lui administrée par votre auguste autorité.
A peine arrivé aux commandes du port, il posa des actes qui irritèrent les syndicalistes les plus teigneux de la boîte. En effet, il promut, selon une enquête d’un magazine de la place, de vieux agents de cette entreprise qui devaient être admis à faire valoir leurs droits à la retraite et les maintint à leur poste avec des avantages faramineux, cherchant ainsi à faire d’eux ses béni-oui-oui. Devant la détermination des syndicalistes à en découdre avec lui pour corriger l’arbitraire, il réussit à contrôler leur radicalisme et leur passion et obtint à l’arrivée leur silence. Aujourd’hui, ayant maîtrisé les plus téméraires, le «Baye Fall» du Président se la coule douce dans une société où il trône majestueusement au-dessus de tout et de tous. Partout où il se rend, Cheikh règne en maître, sinon il boude et va faire autre chose. Un tel comportement ne milite pas en faveur d’un chercheur de militants, bref d’un homme politique averti et qui doit travailler à soulager ses compatriotes par les méthodes les mieux indiquées.
En effet, Excellence, lors de la célébration de la Journée nationale de l’élevage à Fatick, il y a environ 3 ans, votre «Baye Fall» autoproclamé s’est arrangé à ne pas être à la tribune lors de la cérémonie officielle. A Foundiougne, le jour de l’inauguration du port de la localité, il a feint d’arriver en retard et a été empêché par le protocole d’aller à la tribune où vous aviez déjà fini de prendre place. Il rebroussa chemin et rentra encore chez lui. Cheikh Kanté n’assiste presque jamais aux réunions du Sen de l’Apr, encore moins à la majorité de celles que vous convoquez dans le cadre des activités de votre coalition. Il ne se met jamais dans les rangs en compagnie de vos responsables à la base au niveau de Fatick. Cet homme fait toujours cavalier seul, quels soient les enjeux du moment et les orientations que vous définissez, Excellence. Combien de rencontres a-t-il boudé au Palais et à Fatick ?
Il a son propre calendrier et fait comme bon lui semble et personne ne l’a jamais rappelé à l’ordre, non pas pour le compte du parti (cela ne nous intéresse pas), mais pour l’intérêt du pays et le respect dû aux Sénégalais, votre «Baye Fall» devrait être recadré.
Il va à Tamba, à Thiès, à Saint-Louis, à Ziguinchor, à Touba, au Mali… partout. Il distribue de l’argent, promet des emplois, divise par-ci, sème la confusion par-là et continue ses manières. «Les sommes que je distribue m’appartiennent, ce n’est ni l’argent du port ni celui du Sénégal» ; voilà son unique refrain face à sa singulière façon de faire la politique. Au même moment Excellence, votre objectif phare demeure pourtant de hisser votre pays, notre pays, à l’émergence à l’horizon 2035, sous une gouvernance caractérisée par la reddition des comptes, la culture de la transparence, l’instauration et la consolidation de la bonne gouvernance. Des principes qui obéissent à des comportements éthiques et élémentaires, surtout à propos d’argent.
Lorsqu’il arrive à Fatick, «Cheikh Meun Leup» ne sort presque jamais de chez lui. C’est la ruée vers «l’or» de femmes et hommes écrasés par la pauvreté en général qui arrivent dans sa villa pour se remplir le ventre à l’occasion des repas de festin qui y sont préparés. Dans cette bamboula et ce désordre, les plus chanceux qui réussiront à le voir se partageront des billets, les autres se contenteront de rentrer jusqu’au prochain passage du roi, satisfaits à moitié, d’avoir pu tromper leur faim d’il y a quelques semaines. Rien de son programme de week-end n’est intéressant. On ne se focalise que sur le folklore. On bat le tam-tam, on chante ses louanges. Il recueille publiquement sur la grande cour, les doléances, demandes d’aides et autres sollicitations de toutes sortes. Quiconque veut du secours n’a qu’à le dire en présence de tout le monde, le «bour» ne prend pas d’audience en tête-à-tête.
L’ancien ami de Abdoulaye Wade et de Idrissa Seck ne va jamais du même côté que ses coéquipiers qu’il semble minimiser, à savoir les autres leaders de l’Apr, ministres, directeurs et autres responsables à Fatick. Il ne se mesure à personne et fait tout ce qu’il a à faire en solitaire, accompagné de valets à peine capables d’écrire leur nom et prénom qui doivent tranquillement le suivre ou disparaître. Les seuls responsables avec qui il s’entend à Fatick sont ceux et celles qui sont prêts à lui cirer les bottes. A celles et ceux-là, il donne des appuis financiers et comme unique consigne ; leur demande de lui parrainer des meetings, «sabar», «lamb» ou d’octroyer des financements sans suivi ni résultat. En 2014, il avait intimé aux femmes de Ndiaye Ndiaye, son quartier, l’ordre de voter la liste Benno bokk yaakaar si elles voulaient que leurs filles et fils soient engagés au niveau du port ; un critère désuet, vilain et nul qui devait être dépassé parlant d’émergence où la culture de la compétence dans le capital humain devait déterminer les critères de tout recrutement. Pourquoi Kanté ne se rend jamais au niveau des quartiers, dans les demeures des militants, ne serait-ce que pour des visites de courtoisie ou à l’occasion de cérémonies familiales ? Soit il se fait représenter, soit il se fait trouver chez lui. Pour cet homme que nous respectons évidemment, tout peut se régler par les sous et la vie continue. C’est peut-être une conception négative qu’il se fait de la chose sans le savoir. Depuis des lustres, il n’arrive pourtant pas à asseoir une base politique solide à son compte et se permet paradoxalement de faire le tour du pays pour, dit-il, mobiliser pour Macky. En réalité, il ne mobilise ni à Fatick, encore moins ailleurs. Il n’a pas beaucoup de militants fidèles et semble n’être qu’à la recherche d’électeurs. A l’occasion de toutes les activités politiques dont il se mêle ici et un peu partout, il «loue» des femmes et hommes adultes, ainsi que des jeunes sans détermination et dépourvus de tout engagement militant qu’il fait transporter, les habille et les restaure. Voilà sa conception de l’efficacité en termes de mobilisation d’électeurs potentiels. Malgré ses multiples expériences, il ne se corrige point. Cet homme va-t-il continuer à agir de la sorte dans ce Sénégal du 21ème siècle, où les mentalités ont évolué ? Allez-vous le laisser comme vous le faites jusque-là, Excellence, poursuivre ces pratiques aux antipodes de la marche vers une émergence ? Votre «Baye Fall», Excellence, par sa conception de l’avoir, ignore royalement les exigences de la préséance et égratigne même les principes dictés par la culture du respect de la hiérarchie. En effet, connaissant l’homme dans sa fierté excessive, assimilable à du narcissisme, il n’est pas superflu de penser qu’il pourrait même ne pas s’entendre avec son ministre de tutelle. Quoi qu’il en soit, nous avons juste pensé produire encore ces lignes et prenons nos responsabilités et ce, grâce à notre engagement patriotique pour un Sénégal qui est, et restera à nous tous, Excellence.
Nous ne sommes pas du même bord politique certes, mais quand il s’agit des affaires de notre pays, nous continuerons toujours à vous écrire même si cela ne faisait pas effet, car nous avons notre mot à dire et le dirons pour l’intérêt supérieur de notre Nation. Cheikh Kanté est peut-être engagé à vos côtés, Monsieur le Président, mais nous nous sommes fait le devoir citoyen et républicain encore une fois de vous alerter afin que vous l’invitiez à revoir sa copie. Nous restons convaincus que vous lui ferez comprendre qu’avant de se fixer comme objectif de donner une satisfaction politique avec autant de zèle au Président, la priorité est de satisfaire d’abord le Peuple souverain, avec les meilleurs politiques possibles, afin de le soulager dans le respect des valeurs qui fondent une République au sens étymologique du terme. Veuillez dire à votre «Baye Fal», Excellence, que le Peuple a fini de constater sa détermination, mais Kanté semble oublier que l’argent peut bien jouer des tours à l’homme politique qui le croit capable de tout réaliser ! Sinon, veuillez lui rappeler son revers de 2009, alors qu’il était outillé par le tout-puissant et très généreux Abdoulaye Wade de l’époque !
Très respectueusement à vous, Excellence M. le président de la République !
Mamadou Biguine GUEYE
Grand Parti
Commune de Fatick

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