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La gestion sobre et vertueuse prônée dès le début du régime de l’actuel président de la République est entachée par certaines pratiques, notamment dans l’utilisation de l’argent public. Le cas de deux ténors du parti au pouvoir a marqué et continuera sûrement de marquer l’esprit des Sénégalais. Cheikh Kanté et Moustapha Diop, deux personnalités qui ont en commun une identité remarquable. Ces deux responsables politiques de l’Alliance pour la République (Apr) étaient jusqu’avant-hier, considérés comme des «guichets automatiques de billets de banque» (Gab). Macky Sall a enfin décidé de leur couper le robinet.
Le ci-devant tout puissant Directeur général du port a été éjecté de son portefeuille très juteux pour se retrouver ministre en charge du suivi du Plan Sénégal émergent (Pse), où il a remplacé Abdoul Aziz Tall. Pour Cheikh Kanté, dont certains au Port disaient qu’il ne cachait pas son mécontentement, c’est quasiment lui arracher un coffre-fort bourré et le remplacer par une coquille vide. Parce que le ministre en charge du suivi du Pse ne détient aucun pouvoir, n’a aucun service sous ses ordres, sauf le Bureau opérationnel de suivi. En clair, il ne gère pas de budget. Il joue juste un rôle de coordonnateur dans ses nouvelles fonctions. C’est plutôt le Directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent (Bos), Ibrahima Wade, qui concentre presque tous les pouvoirs entre ses mains.
Situation similaire pour son camarade de parti, Moustapha Diop, tout le monde connait sa capacité de mobilisation lors des meetings à Dakar comme à l’intérieur du pays. Détenteur des financements des femmes, il drainait des foules grâce à l’odeur de l’argent. Mais dorénavant, tout cela risque de se faire conjuguer au passé. Car le grand mobilisateur de la gent féminine a perdu son portefeuille du financement des projets de ces dames. De ministre  délégué en charge de la Micro-finance et de l’Economie solidaire, il est passé à ministre de l’industrie et de la petite et moyenne industrie. Une promotion en forme de coup de Jarnac. Macky aura-t-il, en dernier ressort, venger l’affront fait aux magistrats de la Cour des comptes ?
msakine@lequotidien.sn

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