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C’est un aveu de taille. Le président de la République a reconnu hier avoir décidé de fermer les écoles du groupe Yavuz Selim sur demande du gouvernement turc. Depuis le début de cette crise en 2016, c’est la première fois que Macky Sall se prononce sur cette question. Interpellé en marge de l’inauguration de l’Institut de la francophonie pour l’éducation et la formation, M. Sall renseigne que la Turquie avait fait cette demande il y a 3 ans, et c’est le putsch manqué de 2016 qui a accéléré la fermeture de ces écoles.

Ça coulait de source que la décision de fermer les écoles du Groupe Yavuz Selim était une exigence de l’Etat turc. Mais elle devient officielle, si c’est le président de la République lui-même qui l’avoue. Interrogé sur la question en marge de l’inauguration de l’Institut de la francophonie pour l’éducation et la formation, Macky Sall, qui est resté silencieux sur cette question depuis son éclatement, renseigne sans aucune subtilité et ambiguïté : «La Turquie, depuis plus de 3 ans, avait demandé au Sénégal la fermeture de ces écoles pour des raisons qu’elle nous avait exposées, liées un peu à la stabilité du pays et aux activités qui ont été reprochées à ce mouvement.» M. Sall poursuit : «Depuis lors, le Sénégal n’avait pas accepté de mettre à la porte 3 000 élèves et nous avions exigé à nos partenaires turcs de nous donner toutes les évidences. Un exercice qui a été fait.» A en croire le Président Sall, c’est le coup d’Etat manqué de juillet 2016 qui a accéléré les choses. «A un moment donné, il y a eu le coup d’Etat qui a eu lieu en Turquie. Cela a accéléré la demande de fermeture des réseaux Gülen en Afrique. Le Sénégal fait partie de ces pays où ce mouvement avait un certain nombre d’écoles. Il en avait 15 au Sénégal qui dispensaient des enseignements de qualité», a-t-il reconnu. Pourquoi alors les fermer ? Poursuivant ses propos, le Président Sall affirme que «l’Etat du Sénégal, considérant la demande turque, a décidé d’interrompre les activités du mouvement Gülen». S’adressant aux parents d’élèves et aux autorités de cette école, Macky Sall rappelle que «cela a été fait il y a plusieurs mois». Et M. Sall d’ajouter : «Puisque nous étions en pleine année scolaire, les enseignements ont continué en attendant la fin de l’année. Un communiqué a été fait, et a été très clair en demandant aux parents d’élèves de prendre les dispositions parce que cette association ne pourrait plus continuer d’exercer. Contrairement à toute ces recommandations, les gens ont voulu mettre l’Etat devant le fait accompli en forçant à nouveau l’ouverture de l’école ; ce que l’Etat a refusé.»
Tout comme l’avait fait savoir le ministre de l’Education nationale qui avait rejeté la contre-proposition de l’administration du groupe Yavuz Selim en exigeant l’administration provisoire, le président de la République soutient lui aussi que «l’Etat prendra toutes les mesures nécessaires pour les (élèves) accompagner». «La vocation n’est pas de fermer une école, au contraire c’est de s’assurer de la qualité de ceux qui doivent exercer cet enseignement», a-t-il dit.
dkane@lequotidien.sn

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