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Les élections législatives, le contexte sécuritaire et la remontée du prix du baril de pétrole se sont combinés en 2017 pour pousser le gouvernement à effectuer des dépenses imprévues. Pour rétablir l’équilibre, le gouvernement a décidé que certains dossiers de dépenses liquidées et non ordonnancées seront l’objet de reprise en engagement pour la gestion 2018.

L’organisation d’une élection législative à 47 listes ainsi que le contexte sécuritaire particulier ayant prévalu durant l’année 2017 ont eu des répercussions importantes sur la gestion budgé­taire. Selon le ministre délégué auprès du ministre de l’Eco­nomie, des finances et du plan, chargé du Budget, M. Birima Mangara, qui s’exprimait hier à l’occasion de l’atelier de lancement de la gestion budgétaire 2018, le Sénégal a même connu une fin de gestion budgétaire «relativement compliquée» en 2017. «Il y a eu un contexte sécuritaire qui a fait que des dépenses imprévues ont été exécutées. Le deuxième point, c’est l’organisation des élections législatives avec 47 listes et il fallait dégager des ressources additionnelles pour faire face», note le directeur général du Budget, Mamadou Mous­tapha Ba, qui indique également que le gouvernement a maintenu des dépenses sociales, afin d’éviter des hausses sur le prix du carburant. Cette situation a amené le gouvernement à décider que certains dossiers de dépenses liquidées et non ordonnancées soient l’objet de reprise en engagement pour la gestion 2018, souligne le ministre du Budget. «Il y a eu des dépenses qui ont été engagées, liquidées, mais qui n’ont pas pu être mandatées au mois de décembre. Ce sont ces dépenses qui sont en reprise au niveau des dépenses de fonctionnement et en report de crédit au niveau des dépenses d’investissement», explique le directeur général du Budget. «Il y a toujours un report de crédit qui se fait et c’est dans l’ordre de 41,5 mil­liards de francs Cfa. Cela représente 5% des crédits de paiement de l’année 2018», poursuit-il. Au total, ces dépenses sont de l’ordre de 49 milliards de francs Cfa repartis en dépenses de fonctionnement et en dépenses d’investissement. «Mais c’est normal et c’est par rapport au contexte d’exécution du budget», indique M. Ba qui informe qu’un premier arrêté de report de crédit de 19 milliards de francs Cfa a déjà été pris et que d’autres suivront jusqu’à concurrence des 41,5 mil­liards.

164 milliards levés par le Trésor
Cette année, l’exécution du budget du Sénégal a démarré le premier jour de l’an avec l’exécution le 2 janvier de près de 8 milliards de francs Cfa par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de la campagne de commercialisation de l’arachide. Selon le directeur du Budget, aucune tension de trésorerie n’est à craindre dans la mesure où le Trésor a déjà levé 164 milliards de francs Cfa.
Pour l’année à venir, le Sénégal table sur une croissance du Produit intérieur brut (Pib) de 7% et un déficit budgétaire de 3,5%, soit le même niveau que pour 2017. Ce dont se réjouit le directeur du Budget. «Le déficit, c’est dépense moins recette. Cela veut dire qu’on dépense en fonction de nos moyens. C’est une excellente chose», souligne Ma­madou Moustapha Ba.
L’atelier de lancement de la gestion budgétaire 2018 marque le démarrage effectif de l’exécution du budget. Il est aussi un moment de dialogue et de réflexion pour «permettre aux acteurs impliqués dans la chaîne de la dépense de passer en revue les difficultés notées au cours de la gestion antérieure en vue de leur apporter les améliorations nécessaires», indi­que le ministre du Budget.

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