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L’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) et le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), en collaboration avec l’Association pour la gouvernance de la terre, de l’eau et des ressources naturelles (Agter), ont décidé à travers un nouveau projet de recherche-action, qui a été lancé hier, d’évaluer les initiatives mises en œuvre pour améliorer les droits fonciers des femmes au Sénégal.

Les chercheurs de l’Initiative prospective agricole et rurale, un think tank sénégalais, et le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux, en partenariat avec l’Association pour la gouvernance de la terre, de l’eau et des ressources naturelles, vont investir les trois zones agro écologiques du Sénégal, notamment la partie sud du bassin arachidier (Foundiougne), la zone des Niayes et le Delta. Cela, afin de diagnostiquer les initiatives mises en œuvre dans ces zones pour faire face «aux injustices, basées sur le genre, notées dans la gestion du foncier». Ce travail s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un nouveau projet de recherche-action financé à hauteur de 200 millions de francs Cfa sur deux ans, par le Centre de recherche pour le développement international (Crdi) du Canada.
Il s’agira dans ce projet, selon Dr Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif d’Ipar, «d’évaluer l’efficacité des solutions qui ont émergé des initiatives et systèmes en cours pour proposer des outils et stratégies qui peuvent améliorer la gouvernance foncière par l’amélioration des droits fonciers des femmes. Il s’agira aussi de proposer des approches pour la mise à l’échelle des solutions validées».
A titre d’exemple d’initiatives ciblées, Mme Oumoul Khaïry Coulibaly Tandian, qui présentait hier le projet aux différents responsables d’organisations de femmes rurales et sous la présence du directeur de Cabinet du ministre de la Femme, de la famille et du genre, cite «le programme du Millenium challenge account (Mca) dans la zone du Delta du fleuve Sénégal qui a procédé en 2014, à l’aménagement de la vallée de Ngalenka en veillant, dans les opérations de redistribution, à donner 10% des terres aux femmes». Dans la zone des Niayes, Enda Pronat avec l’appui de la Fao, a mis en œuvre «des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux forêts et aux pêches pour accompagner les communes à la délivrance des titres de délibérations aux femmes».
Cependant, l’efficacité et l’effectivité de ces solutions développées ne sont pas encore établies et les possibilités de leur mise à l’échelle ne sont pas encore connues. Pis, soulignent les chercheurs d’Ipar, «ces initiatives ne sont informées par des données probantes, ce qui limite leur portée pour convaincre les décideurs politiques et les leaders coutumiers, sociaux et maraboutiques à changer les pratiques qui relèguent souvent la femme au second plan, sans tenir compte de sa contribution économique».
Autant de défis que comptent relever ce Think tank et le Cncr à travers ce projet de recherche-action.
dialigue@lequotidien.sn

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