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Après le lancement des projets d’infrastructure, le Plan Sénégal émergent (Pse) sera à partir de 2018 résolument tourné vers le social. En effet, le gouvernement veut traduire en acte son ambition d’avoir un pays équitable. C’est en résumé ce qu’il faut retenir de la Déclaration de politique générale (Dpg) du Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

«Un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous.» Dans les jours à venir, la classe politique, surtout le pouvoir, essayera de traduire ce slogan lancé par le Premier ministre lors de sa Déclaration de politique générale, en actes. Il faut comprendre par ce slogan une inclusion sociale du Plan Sénégal émergent (Pse). En ce sens, Ma­hammed Boun Abdallah Dionne, qui se savait particulièrement attendu, n’a pas déçu sur le plan social. En effet, 2018 sera une «année sociale», a précisé le Premier ministre. Qui compte suivre le plan du gouvernement dans ce sens. Avec la poursuite du Programme d’urgence pour le développement communautaire (Pudc), le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires (Puma) et le Programme de modernisation des villes (Promovilles), un accent particulier sera mis sur le volet social avec comme objectif principal, une inclusion financière des zones les plus défavorables. Dans un premier temps, le chef du gouvernement compte arrimer les besoins de formation à la demande du marché. Les sciences prendront plus de place que d’habitude avec l’augmentation de leur timing.
Sur le plan infrastructurel, la création de 200 nouvelles écoles dans les 25 départements les moins scolarisés est attendue. En somme, d’ici 2019, plus de 221 milliards de ressources additionnelles seront consentis pour l’élargissement des capacités d’accueil et l’amélioration de l’école sénégalaise. L’objectif, d’après Dionne, c’est de jeter les bases d’une politique beaucoup plus équitable. Ainsi D’ici 2020, plus de 80 milliards seront alloués au renforcement de l’employabilité des jeunes, leur insertion et au renforcement de l’infrastructure de formation. Tout cela, pour que le jeune de Tambacounda puisse avoir les mêmes conditions que celui de Dakar pour regarder le futur de manière confiante. Si l’éducation revêt d’une importance capitale pour le gouvernement, la politique sanitaire, elle, n’est pas en reste. La Bourse de sécurité sociale sera élevée à 400 mille ménages alors que son objectif d’enrôler 250 mille ménages a déjà été atteint depuis 2 ans. Un centre de réinsertion social sera construit, 9 autres vont suivre. Un comité interministériel sera convoqué en 2018 pour échanger sur l’application de la loi d’orientation sociale. En ce qui concerne la santé, il est prévu dans les 4 prochaines années, la construction de 270 postes de santé, 22 centres de santé, 3 hôpitaux de niveau 2 à Kaffrine, Sédhiou et Kédougou et un hôpital de niveau 3 à Touba, un centre national du cancer à Diamniadio et d’un centre de traitement des brulés à l’hôpital de Fann. Pour les personnes du 3ème âge, 2018 sera une année à retenir. Car le régime de retraite sera modernisé. Avant fin 2018, il sera institué une pension minimale de retraite d’au moins égal à 90% du Smic. La réforme du code des pensions prendra en compte la mise en place d’un régime complémentaire pour les non cadres. Un régime complémentaire obligatoire pour les agents bénéficiant d’un régime indemnitaire particulier et un régime supplémentaire par capitalisation volontaire pour les agents ayant de réelles capacités contributives seront institués. Les bénéficiaires du fonds national d’allocation à la retraite vont avoir une augmentation de 10% chaque année sur 4 ans au même titre que ceux de l’Ipres. Quant aux exclus du système, ils auront un régime de retraite adapté.
Pour l’accès à l’eau potable, 465 milliards seront investis par le gouvernement d’ici 2020. L’usine Kms3 verra le jour tout comme une usine de dessalement. Leur capacité va permettre d’avoir un volume d’eau additionnel de 300 mille m3/ jour. C’est l’approvisionnement de 3,5 millions de personnes qui est visé. Mais en attendant 2020, la date à laquelle ces 2 usines vont fonctionner, d’ici la fin de 2018, 60 mille m3/jour seront disponibles grâce à de nouveaux forages qui sont en cours de construction. En outre, le Premier ministre a annoncé la construction de 250 forages additionnels pour le monde rural pour un montant de 60 milliards.
S’agissant de l’Acte 3 de la décentralisation, le Premier ministre se veut claire : «Il conviendra d’encourager tout en encadrant les financements innovants tels que les partenariats publics-privés, les em­prunts et les fonds verts pour permettre aux territoires de consolider leurs ressources et de réaliser leurs programmes d’investissement dans le cadre d’une fiscalité locale maitrisée.»
mgaye@lequotidien.sn

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