Plumées par des promoteurs immobiliers : 5 000 victimes se constituent en fédération

Plumées par des promoteurs immobiliers : 5 000 victimes se constituent en fédération

Les victimes des opérateurs immobiliers Namora, Agir immo et la Société de vente à crédit (Sovac) mutualisent leurs forces. Elles viennent de mettre sur pied la Fédération des victimes de promoteurs immobiliers et veulent mettre la pression sur la justice. Avant de solliciter l’aide de l’Etat pour la création d’une coopérative d’habitat.

Les Associations des victimes de promoteurs immobiliers ont mis hier sur pied la fédération des «spoliés». Ces victimes ont décidé d’unir leurs forces pour mieux faire face à leurs «bourreaux», Namora, Agir immo et la Société de vente à crédit (Sovac). Ces trois sociétés immobilières sont accusées par plus de 5 000 victimes regroupées dans la Fédération nationale des victimes de promoteurs immobiliers (Fnvpi). Ces promoteurs, selon Abdou Guè­ye, avaient «concocté des plans ma­chiavéliques uniquement pour ar­naquer d’honnêtes citoyens dont le seul tort était de vouloir disposer d’un toit à la sueur de leur front», dénonce-t-il.
Aujourd’hui, 5 000 personnes sont membres de cette fédération. Il s’agit des 2 664 victimes de Namora, des 2 500 de Agir immo et plus de 1 000 de la Sovac, selon les explications de Abdou Guèye. Elles avaient, disent-elles, consenti d’énormes sacrifices et de privations pour disposer d’un toit. Malheu­reu­se­ment, regrettent-elles, leur espoir a volé en éclats à cause des agissements des promoteurs véreux qui ont, selon le secrétaire général de la Fédération, engrangé plusieurs milliards sans pour autant honorer leurs engagements.
Les victimes, par le biais des associations, avaient porté plainte contre les responsables de ces sociétés. Un des promoteurs de Namora, Alioune Badara Badiane, est toujours en détention. Cheikh Ndiaye de Sovac et Abdoulaye Youssou Diagne ont recouvré la liberté au grand dam des victimes. Mais l’action judiciaire suit toujours son cours. Les victimes, rongées par l’amertume, ont décidé malgré tout de poursuivre la lutte, car disent-elles, «il n’est pas concevable que des personnes s’enrichissent impunément sur le dos d’honnêtes citoyens».
Parallèlement, les victimes vivant «dans une précarité et une dé­chéance sociale sans mesure» veulent un soutien de l’Etat. Ainsi, elles ont proposé la création d’une grande coopérative d’habitat. «Le gouvernement est propriétaire d’une assiette foncière. Par conséquent, estiment-elles, il peut nous aider à en disposer afin de trouver une alter­native à la souffrance de ces milliers de Séné­galais», plaide M. Guèye.
Les victimes de Namora regroupent des travailleurs membres du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale. Ils avaient versé 3 milliards, selon Abdou Guèye. Quant à Agir immo, on lui reproche d’avoir empoché 2,5 milliards sans livrer des parcelles aux contractants.

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