Projet - Cinéma Itinérant à vélo au Sénégal : CinéCyclo propage le 7ème art d’un coup de pédale

Projet - Cinéma Itinérant à vélo au Sénégal : CinéCyclo propage le 7ème art d’un coup de pédale

L’Association CinéCyclo s’est lancée en novembre dernier dans un tour du Sénégal. Le but : diffuser des films tout en étant autonome énergétiquement. Ils vont dans des régions plus ou moins reculées et pas toujours alimentées en électricité. Ecologie et ouverture culturelle sont les deux chevaux de bataille de cette association. Armée du leur «Hibou» et leur «Vélo-Cargo», l’équipe est aujourd’hui dans la région de Kédougou et doit bientôt rejoindre le Parc national du Sine-Saloum

«Je produis ! Oh ! Je produis de l’électricité», s’exclame Iba sur un vélo, les bras levés, les poings serrés ! On est le 21 mai 2014, à Dakar, chez le dénommé Iba. Il pédale sans avancer et sur le mur en face de lui, un film est diffusé. Avec ses collègues, ils viennent de mettre au point leur génératrice d’électricité à pédale : «Made in Sénégal.» Il s’agit d’un extrait de la vidéo tournée par Vincent Hanrion : Cinecyclo Tour du Sénégal : les prémices. Pres­que deux ans plus tard, le même Vincent, fondateur de l’Asso­ciation CinéCyclo, sillonne le Sénégal à vélo en compagnie de Alain Chaine, français et Yoro Diallo, sénégalais. Sa bicyclette porte le nom étrange de «Vélo-Cargo», et pour cause, elle trans­porte un générateur à pédale et le matériel nécessaire pour diffuser des films.
Le CinéCyclo Tour a commencé le 13 novembre 2015 lorsque Vincent et son équipe ont embarqué depuis Dakar pour la Casa­man­ce. Deux jours plus tard, ils com­mençaient à rouler sur les pistes du Parc naturel de la Basse-Casamance, s’arrêtant dans les villa­ges ou les villes pour diffuser des films. Le principe : le public est mis à contribution. Il pédale afin de produire l’énergie nécessaire à la diffusion de l’image. «Sur le lieu de projection, les gens font la queue pour pouvoir pédaler», nous confie Cédric Schadrach, coordinateur de CinéCyclo Sénégal, travaillant à Dakar et que nous avons pu rencontrer. Jusqu’au 1er juin, l’équipe de ciné-cyclistes traverse le Sénégal en posant leur cinéma ambulant dans six régions différentes. A l’heure actuelle, ils parcourent la troisième du programme, celle de Kédougou. Selon leur plan initial, ils devraient se mettre en route dans quelques jours pour un rallye de 778 kilomètres qui devrait les conduire au Parc national du Sine-Saloum. Cependant, Cédric a tenu à souligner que le plan de départ a connu des modifications : «On est un peu demandé de partout», révèle-t-il. Par la suite, il explique que «l’idée est de faire un nombre donné de projections par région. Parfois, ils le dépassent, parfois ils ne l’atteignent pas». Toutes les autorisations ont été négociées en amont.  Le 8 février le CinéCyclo Tour Sénégal c’était déjà 46 projections et 4 700 spectateurs environ.
Récemment, l’équipe est arrivée à Afia II, près de la frontière guinéenne, et on lui a déclaré «ça fait bien longtemps qu’un toubab n’est pas venu jusqu’ici», narre Vincent sur son blog. Le succès est souvent au rendez-vous lorsqu’il déballe le «Hibou». Ce nom d’oiseau a été choisi pour désigner la boîte compacte qui contient tout le matériel de diffusion. Un outil qui a été conçu à Londres et en France tout comme le «Vélo Cargo», à l’aide de partenaires. L’équipe propose une série de courts métrages d’animation venant de France, du Japon, du Canada ou encore d’Argentine. Le catalogue est aussi composé de films sénégalais et de vidéos en Wolof ou en langue locale. En plus d’un aspect écologique assez évident, CinéCyclo poursuit un objectif culturel majeur autour du monde du cinéma. Il s’agit de faire connaître et de diffuser des œuvres du cinéma africain, d’aller aider les personnes qui sont «démunies de films africains», explique Cédric.
L’Association CinéCyclo ce n’est pas que trois cyclistes sur les routes sénégalaises. Officiellement montée en France, elle a été construite au Sénégal et possède maintenant sa propre entité à Dakar. Ils font aussi des projections sur Dakar et Cédric explique que l’objectif est aussi de trouver des nouveaux films locaux à diffuser. «On choisit les zones reculées parce que l’Afrique et le Sénégal regorgent de beaucoup de talents en termes de production et de réalisation de films africains» mais souvent, ils n’ont aucun budget pour les diffuser, les faire connaître et ils tombent dans l’oubli. L’espoir de Cédric c’est que «CinéCyclo Sénégal aille vers ces jeunes-là, récupérer leurs œuvres pour les diffuser au grand public. J’ai toujours milité pour cela». Le Tour du Sénégal est le premier projet phare de l’association, d’autres devraient suivre : un Tour Panaméricain est prévu pour 2016.

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2 Responses Found

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    Soaz Saturday, 13 February 2016 13:30

    On a hate de vous voir dans le Saloum. Vous pouvez diffuser vos dates sur le site Sine Saloum, voyage au coeur du delta. Merci a vous

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    Cinecyclo Friday, 19 February 2016 22:17

    Associations culturelles ou amis de la nature : N'hésitez pas à nous contacter si on passe près de chez vous ! SinéSaloum puis on remonte sur Podor et enfin Saint Louis.

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