Le 6 novembre dernier a été marqué par la célébration de la journée du documentaire sénégalais. C’était l’occasion de donner une visibilité à certaines réalisations et expériences à l’image de celles du Riac Film qui s’investit dans le cinéma de réinsertion sociale ou encore d’une initiative de la banlieue qui œuvre dans le cinéma de prise de parole. Plusieurs projections, notamment des courts métrages, ont dans cette optique été projetées au public. Il y avait par exemple Les terroristes de la terre, un documentaire qui fait la promotion des sachets en papier «qui sont organiques», au détriment des sachets en plastique qui nuisent à l’environnement et sont non recyclables. Un autre film, intitulé Le têtu clandestin, retrace l’histoire d’un jeune homme qui, sous l’influence d’un de ses copains immigrés, a vendu la boutique familiale sans le consentement de ses parents pour s’embarquer dans un voyage clandestin pour l’Espagne. Certains de ses compatriotes ont péri dans le voyage d’autres comme lui ont été retournés au Sénégal sans le moindre sous. Cette production a réjoui toute l’assistance de l’Institut français Léopold Sédar Senghor. D’autant plus que ce documentaire colle avec l’actualité suite au décès des 31 Sénégalais qui ont péri au large des côtes du Maroc.
Les étudiants du Master 2 en réalisation documentaire de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis n’ont pas été en reste dans les projections. Cris du chœur, un court métrage qui porte leur empreinte, passe au peigne fin la promiscuité qui règne dans les villages pêcheurs, à l’image de celui de Guet-Ndar situé dans la région de Saint-Louis. Les malles, un film du défunt Samba Félix Ndiaye, pionnier du documentaire sénégalais et parrain de la journée, a couronné l’après-midi dans la salle de cinéma de l’Institut français qui porte d’ailleurs son nom. A travers sa production, Samba Félix a montré les facettes du secteur informel à travers le recyclage de barils transformés en malles.
La première édition de la journée du documentaire sénégalais, organisée l’an dernier, n’a pas été une grande réussite. «Le fait que cette journée du 6 novembre 2011 coïncidait juste avec la période de la Tabaski, les gens étaient plus préoccupés par le mouton que par le cinéma et on n’a pas eu cet engouement», a expliqué Baba Diop, président de la Fédération africaine des critiques de cinéma. Il poursuit : «Dieu merci, cette année il y a eu du monde et tout s’est bien passé.» M. Diop, au nom des acteurs du 7e art, a plaidé pour que le cinéma ait «partout en Afrique une meilleure visibilité». Déjà, le souhait de Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie, est de faire en sorte que les prochaines rencontres deviennent une quinzaine du documentaire sénégalais au lieu d’une journée.
Stagiaire
La journée sénégalaise du documentaire a été organisée mardi dernier à l’Institut français Léopold Sédar Senghor de Dakar. Plusieurs courts métrages avaient été projetés dans l’après-midi pour rendre visible les expériences et les réalisations de la jeune génération. Le directeur de la Cinématographie avait plaidé pour que cette journée devienne dès l’édition prochaine une quinzaine du documentaire.