BILAN - Michel Thioub, président de la Fédération de cycliste : «J’ai gagné mon Tour !»

BILAN - Michel Thioub, président de la Fédération de cycliste : «J’ai gagné mon Tour !»

Michel Thioub est passé par tous les états durant les huit jours où des coureurs venus du monde entier ont parcouru les routes sénégalaises dans le cadre du Tour du Sénégal. Une belle équipe algérienne, une étape annulée, des cyclistes sénégalais en difficulté, un parcours très beau, des problèmes d’organisation, un spectacle réussi : les sentiments s’entrechoquent à l’issue de cette semaine folle. Au pied du podium protocolaire, devant les brillants et rafraîchissants algériens, il est heureux de voir Michel Thioub tout sourire (photo). Entre deux responsabilités, il a pris quelques minutes pour répondre aux journalistes.

Quelle appréciation faites-vous du Tour du Sénégal ?
Sur le plan organisationnel on peut faire mieux car il y a plein de choses qu’on peut améliorer. Je ne peux pas dire que je suis satisfait à 100% par rapport à ce que je voulais faire. Je n’ai pas encore atteint mon rythme de croisière donc pour moi c’est mitigé. Personnellement je ne peux pas me juger. Mais là où je suis satisfait c’est qu’il n’y a pas eu d’accidents, pas de problème. J’ai gagné mon Tour, tout le monde va rentrer intact, indemne. C’est ça mon maillot jaune.

Et au niveau technique ?
Techniquement, il y a des choses que nous devrions parfaire notamment travailler sur la formation des commissaires. Si on avait eu des commissaires supplémentaires le jour de l’annulation de l’étape, ce ne serait pas arrivé. Si ces commissaires,qui ont laissé la ligne d’arrivée et sont repartis à l’arrière pour juger de la transparence de la course, avaient été des commissaires expérimentés qui avaient le cran de dire «Non», il n’y aurait pas eu ce problème. S’ils avaient dit «Non», il y aurait eu un débat avec la personne qui leur a donné l’ordre de se replier et c’est moi qui aurais tranché ce débat. J’aurais fait replier les commissaires à l’arrière et j’aurais fait le boulot personnellement [Ndlr : orienter les coureurs].

Vous aviez prédit la victoire algérienne…
Oui je vous l’avais dit, je connais les coureurs algériens, je savais qu’ils allaient gagner. Personne ne peut leur résister, ils ont même pris comme entraîneur Michel Thèze, l’ex-coach de l’Equipe de France. Nous, il faudrait qu’on travaille. L’Algérie est la meilleure équipe du Tour du Sénégal et il faut l’attendre à ce qu’elle gagne encore l’année prochaine.

Quelles modifications avez-vous notées par rapport à l’année dernière ?
Sur le plan organisationnel on a réussi  beaucoup de choses, c’est certain, et le niveau a augmenté. Il y a des coureurs qui souffrent, nous sommes sur l’Uci Africa Tour donc c’est une compétition de très haut niveau. Le rythme de la course a été extraordinaire. Vous avez vu les coureurs sénégalais vraiment très fatigués. Le niveau monte à une vitesse vertigineuse. Je cherche toujours à progresser, il faut aller de l’avant et être ambitieux.

Avec les couacs dans l’organisation, n’avez-vous pas peur d’être relégués par l’Uci ?
Non, nous ne serons pas relégués, pas du tout. Si au Tour de France ou au Tour du Maroc, une étape est annulée… L’Uci va supprimer combien de courses ? Je n’appelle même pas ça couac, j’étais farouche ce jour-là car je me dis que c’est une toute petite bêtise, pas quelque chose de grave. C’est quelque chose qu’on peut redresser. Et c’est là où le Sénégal devrait m’aider pour qu’on ne soit pas rétrogradé. Si on nous rétrograde, c’est qu’on est minable.

Laurent Bezault, [expert Uci Africa Tour], disait que le but était un travail sur le long terme…
C’est un travail sur le long terme. On est au niveau de la fondation et on va y aller de façon progressive. Il y a du boulot à faire mais il faut que tout le monde soit patient. On peut dire qu’on est quand même une vitrine, on est des ambassadeurs sur le plan touristique. On exporte des images, on a eu de grandes télévisions présentent. Il y a des gens qui sont assis dans leur fauteuil et qui contemplent le Sénégal, pas la course. Il y a des gens qui aiment le vélo, d’autres pas mais il y a des gens qui même au Sénégal n’ont pas vu certains endroits et ont l’occasion de  les voir. C’est là où les gens devraient être positifs. Maintenant, on va se battre pour que ce soit mieux l’année prochaine.

Justement, peut-on s’attendre à plus d’étapes l’année prochaine ?
Tout dépend des moyens que j’aurais. Si j’ai les moyens, je pourrai même donner le départ en Casamance ou ailleurs. Pourquoi pas à Matam, ou à Tambacounda. Il faut que j’aie les moyens.

Est-ce que vous vous sentez seul pour organiser le Tour du Sénégal ?
Je me sens trop seul. Je ne tape sur personne mais je me sens trop seul.

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