Le Quotidien

Le Coin du Poète - Annette Mbaye D’Erneville, Première poétesse de l’Afrique noire francophone : Chant de circoncision pour Ousmane

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La nouvelle génération sait que le fils à rendu hommage à sa maman à travers son documentaire intitulé Mère Bi. Mais très peu de gens savent qu’en 1958 déjà, Annette Mbaye D’Erneville, première poétesse d’Afrique noire francophone, avait écrit un beau poème pour magnifier la bravoure de son fils, Ousmane. Thierry Sinda dans l’Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’ail­leurs, a sélectionné pour remettre au goût du jour ce beau poème, extrait de Kaddu, un recueil de poèmes publié par la première femme sénégalaise journaliste, aux éditions Abdoulaye Diop, en 1966. Annette Mbaye D’Erneville, Prix des poètes sénégalais en 1964, première femme écrivain de l’Afrique francophone, compte à son actif, une bibliographie riche de deux œuvres poétiques : Poèmes africains, 1965, Kaddu, 1966. Elle est également auteurs de littérature de jeunesse, nouvelles et contes publiés dans la presse, livres d’entretien, scénarios, revue…

Par Gilles Arsène TCHEDJI

Kassack
À Ousmane, mon fils
Tu es homme, ce soir!
Tu es homme, mon fils!
Par ta chair meurtrie
Par ton sang versé
Par ton regard froid
Par ta cuisse immobile.
Et ta mère se souvient
De sa nuit d’amour
De ses entrailles déchirées
De ses gémissements silencieux
De ses reins écartelés
Des regards envieux de ses rivales mauvaises
De la succion gourmande de ta bouche-fleur
Du gris-gris miraculeux qui
- Avec l’aide d’Allah -
A guidé tes pas jusqu’à ce jour heureux.
Tu es homme, ce soir!
Tu es homme, mon fils!
Par la lame tranchante
Par ton sexe éprouvé
Par ta peur refoulée
Par la terre des Ancêtres
Gawlo ! ... chante cet homme nouveau.
Jeunes filles aux seins debout
Clamez son nom au vent.
Selbé N’Diaye, fais danser ce petit homme.
Tu es homme, mon fils.
Tu es homme ce soir.
Ils sont tous là :
Ceux de ta lune première
Ceux que tu nommes pères.
Regarde, regarde-les bien:
Eux seuls sont gardiens de la terre
De la terre qui a bu ton sang.

Kassacks : chants de circoncision.
Kaddu : paroles.
Kaolack - Août 1958

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