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Profil Maximin Costa au Tandem Dakar- Paris : Docta exporte le graff conscient du Sénégal

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A 37 ans, Docta est l’un des pionniers du graff au Sénégal. Rencontre avec un artiste talentueux et engagé, «docteur des murs», à l’occasion du festival «Paris hip-hop», où il était invité.

Flottant dans son large sweat à capuche violet, Docta, barbe soigneusement taillée et longues dreadlocks enveloppées dans un tissu noir, est hésitant. Ses yeux scrutent la toile vierge derrière de fines lunettes, tandis que ses cinq camarades s’apprêtent, aérosol à la main, à propulser les premières particules de peinture de la journée. En résidence pour trois mois en France à la Cité internationale des arts dans le cadre du «Tandem Dakar-Paris», le «graffeur» sénégalais de 37 ans, pionnier du genre dans son pays, participe à l’événement «Africa graffiti» du festival «Paris hip-hop».
Flegmatique, Docta,  - le docteur, en wolof, «pour soigner les murs à travers la couleur, les formes et une énergie positive»-, savoure l’instant en rythmant ses pauses de quelques pas de danse. Contrairement à un graff qui, parfois, peut paraître égocentrique, Amadou Lamine Ngom alias Docta affirme qu’au Sénégal, la pratique est «sociale et engagée». Un aspect respecté dans le cadre du festival par les Sud-africains Curio, Rasty, et les Français Marko93, Lazoo et Da Cruz dans la réalisation commune d’une fresque longue de vingt mètres dont le message «Madiba, la référence» rend hommage à Nelson Mandela.
 «Au Sénégal, ce qui nous intéresse c’est de communiquer avec les gens, on ne pose jamais notre blaze», insiste Docta. En accord avec cet état d’esprit, il consacre une année entière et quelques économies pour fonder l’initiative «Graff et santé» en 2008, une caravane de soins pour les plus défavorisés. «L’idée est de soigner les corps et les murs», explique le «docteur». Pendant que les médecins prodiguent des soins, des graffitis sont peints pour sensibiliser le public. Maladies sexuellement transmissibles, hygiène bucco-dentaire ou encore maladies spécifiques comme la drépanocytose sont autant de thèmes abordés.
«Oser inventer l’avenir»
«Festigraff 2013», Dakar. Une action inspirée par le contexte de son premier graffiti dans le quartier Médina de Dakar, dont il est originaire, lors du Set Setal de 1988, le grand nettoyage de la ville durant lequel les murs sont repeints. A cette époque, Amadou Lamine découvre l’explosion de la culture hip-hop aux Etats-Unis et en Europe, à travers la lecture de magazines importés. Sa grand-mère, qui depuis l’enfance lui achetait des crayons et des petits carnets pour dessiner, l’encourage à développer son talent. Elle lui offre alors les murs de sa propre maison comme toile de peinture, et accueille son petit-fils et ses amis sur son toit où ils exécutent leurs premiers pas de break dance au son des cassettes de Run Dmc et Public Enemy.
Les années ont passé et la passion est restée. En 2010, deux ans après «Graff et santé», Docta monte le «Festigraff», premier festival international de graffiti en Afrique, dont le but est de «partager des savoirs, des techniques et la conception que chacun peut avoir de cet art», explique Docta. Forte de son succès, l’édition 2013 était parrainée par Mode2, légende vivante du graffiti français et le thème reprenait la célèbre citation de Thomas Sankara, «Oser inventer l’avenir». Tout un dessein.
Jeuneafrique.com

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    Rapporter Inhaphype mercredi 4 décembre 2013 00:29 Lien vers le commentaire

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