Le Quotidien

Vernissage de l’exposition du symposium international sur la sculpture africaine : Des œuvres pour exprimer le mal-être de l’Afrique.

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A travers des œuvres réalisées en moins de 15 jours, des sculpteurs ont passé en revue les maux qui gangrènent l’Afrique et entravent son décollage. Lors d’un symposium international qui a pris fin la semaine dernière au Village des arts, ces professionnels de la sculpture ont mis à nu les vices des politiques qui, selon eux, font la promotion de l’enrichissement illicite, la haine de l’homme envers son prochain… Beaucoup d’entre eux réclament un retour aux valeurs africaines et la reconstruction du continent par l’unité et la paix

Un oiseau peint en gris et marron étale ses ailes et porte un message à un continent dont la violence, la haine bref le mal, est devenue dangereusement une vertu. L’œuvre de Sea Diallo en dit long sur les tares notées dans le continent noir. «Cet oiseau est un messager venu de nulle part pour nous apporter la paix dans les cœurs face à cette violence continuelle qui prévaut dans notre continent», a expliqué l’artiste, auteur de cette sculpture. Face à l’attention du public apparemment connaisseur, Sea Diallo peste que «l’homme ne doit  point être le prédateur de l’homme, mais un remède pour ce dernier». Un peu plus loin, Galo Diop, un autre sculpteur, reçoit une pléthore de visiteurs. Il y expose deux personnages qui lèvent les mains vides vers ciel pour dire qu’ils sont fatigués du chômage. Cette œuvre qui se nomme Mendicité précoce se caractérise par l’utilisation de recyclage de chaussures ramassées dans la rue, de bols de nourriture vides et de théières. «Les politiciens nous trompent avec leurs pratiques. En Afrique, les gens ont faim, ne travaillent pas et la violence continue de plus belle», regrette M. Diop. Même son de cloche chez son confrère, Mamady Seydi du Mali qui expose une mallette d’argent qui serait celle des autorités qui s’octroient les deniers publics de leur pays.
Dans cette ambiance bon enfant qui règne dans le Village, les nationalités des artistes diffèrent les unes des autres. Une exposition attire l’attention du public. «C’est peut-être la porte de la liberté comme à Gorée», s’imagine une visiteuse. Non ! Selon Gabriel Kenzo Malou, auteur de l’œuvre, il s’agit d’une porte dénommée : «Porte de transition 2013.» Elle offre à voir une partie sombre et une autre éclairée. Pour Gabriel Kenzo Malou, le message est clair : «L’Afrique doit s’affranchir de ce côté obscur pour entrer en 2013 dans la voie de la prospérité.» C’est également dans cette voie que s’inscrit Philippe Zountegni Houedanou. Cet autre artiste, béninois, met en exergue des outils de sonorisation que sont le gong, la trompette et le tam-tam, mais également un éléphant. Pour ce plasticien, l’homme doit arrêter d’abattre les animaux. Le Béninois invite à préserver l’environnement. D’où la matérialisation des trois moyens de communication pour sensibiliser sur l’importance des animaux et de l’environnement.
D’autres expositions symbolisant les valeurs africaines ont été réalisées lors de ce symposium. Il s’agit par exemple d’un masque noir qui, pour son auteur, l’Ivoirien Daniel Bamigbade, jadis montrait «la sagesse d’une entité en Afrique». Profitant de la tribune qui leur est offerte, les artistes plasticiens ont tous crié leur ras-le-bol d’être mis à la touche dans les programmes artistiques. Cette exposition collective, qui a ouvert ses portes depuis la semaine dernière, s’achèvera le 22 novembre prochain.

Stagiaire

Dernière modification le mardi, 12 novembre 2013 12:51

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