Le Quotidien

HOMMAGE - Table ronde sur le critique Iba Ndiaye Diadji : L’œuvre d’un défenseur de l’art africain magnifiée

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Pour rendre hommage à Iba Ndiaye Diadji, le comité scientifique du colloque international pour la célébration des 10 ans de son décès a choisi d’ouvrir les manifestations par un panel sur son œuvre en tant que critique d’art. L’occasion a été saisie par ceux qui l’ont connu pour louer son attachement à la valorisation de l’art africain, son objectivité et sa rigueur.

Dans le cadre du colloque international sur la vie et l’œuvre de Iba Ndiaye Diadji, une table ronde a porté sur son rôle de critique d’art. Cette rencontre a été une occasion pour ceux qui ont eu la chance de le côtoyer, de faire des témoignages sur les œuvres qu’il a consacrées aux arts. Selon le secrétaire général de la Biennale, Babacar Mbaye Diop, le défunt critique d’art a beaucoup travaillé sur le concept de plasticité africaine. Selon lui, ce concept désigne d’une part, «ce qui est susceptible de changer de forme, ce qui est malléable» et d’autre part, «ce qui a le pouvoir de donner la forme comme les arts plastiques». «La plasticité désigne donc le caractère de ce qui est plastique, de ce qui peut être modelé c’est-à-dire ce qui est susceptible de recevoir ou de donner de la forme. Elle caractérise la capacité à évoluer et à s’adapter. Les arts plastiques sont des arts dont le but principal est l’élaboration des formes», a-t-il expliqué. D’après Babacar Mbaye Diop, ce critique sénégalais a toujours œuvré pour la valorisation de l’art africain qui est une des raisons de la création de ce concept. «Iba Ndiaye pensait que les artistes africains doivent rester eux-mêmes. C’est-à-dire que même l’artiste qui revendique une citoyenneté mondiale doit savoir d’où il vient, qui il est, ce qu’il fait et où il va», a-t-il fait savoir.
Pour Odile Blin, professeur de sociologie à Rouen, invitée à ce colloque, Iba Ndiaye Diadji  avait créé le concept de «plasticité africaine» pour montrer que la société africaine n’est pas seulement une société de l’oralité. «C’était une société qui s’exprimait aussi sur la forme, c’était une façon de rectifier cette classification des anthropologues qui classent les sociétés selon l’écriture», a-t-elle déclaré. De l’avis de Abdou Sylla, critique d’art qui a eu à travailler avec le défunt homme de culture, il a principalement œuvré sur l’art africain contemporain. «Il nous fallait réécrire l’esthétique des arts africains. C’était le projet de Iba. Sa perspective, c’est la critique esthétique de l’art africain sur la base de ses connaissances de l’Afrique. Nous considérons que c’est l’un des chercheurs les plus méritants dans la perspective de l’art contemporain», a-t-il affirmé. Aussi, c’était l’occasion pour tous les artistes présents de célébrer le travail remarquable que Iba Ndiaye Diadji a effectué dans le cadre de la reconnaissance et l’affirmation de l’art africain. L’artiste peintre Kalidou Kassé que Iba Ndiaye Diadji avait nommé le «Pinceau du sahel» le considère comme un critique d’arts généreux. «Avec les artistes, il était rigoureux et disait ce qu’il pensait sans tourner autour du pot», a-t-il martelé.
«Quel est l’artiste qui n’aimerait pas voir ce regard violer l’intimité de son atelier et ses œuvres ? Il le faisait avec bonheur, humilité légendaire, une rigueur scientifique sans complaisance et sans compromis. Son engagement à côté des artistes a été sincère, désintéressé, mu uniquement par le désir de voir l’art africain triompher», a encore souligné Kalidou Kassé. Et pour renchérir les propos de celui-ci, le recteur de l’Uni­versité Cheikh Anta Diop (Ucad), Saliou Ndiaye, a déclaré que Iba Ndiaye était apprécié dans le milieu des arts pour son humilité et son objectivité. «Il avait pour principe de visiter les expos le lendemain des vernissages, pour prendre ainsi le temps d’étudier et d’analyser les œuvres présentées. C’est parce que c’est quelqu’un qui savait apprécier quand il était séduit. C’est aussi quelqu’un qui n’hésitait pas non plus à émettre une opinion défavorable, contraire du point de vue des fondamentaux. C’est quelqu’un qui ne cautionnait pas toutes les formes d’art.  Il n’hésitait pas à tourner en dérision certains artistes qui, sous le prétexte de la liberté de  création, avaient souvent tendance à verser dans la facilité. Il fut un critique d’art reconnu grâce à sa rigueur, son objectivité, qui avait fini par fédérer tous les artistes autour de sa personne», a-t-il affirmé.

Vers la création de la Fondation Iba Ndiaye Diadji
Lors de cette rencontre, le peintre Kalidou Kassé a lancé un appel à l’Etat et à la famille de Iba Ndiaye Diadji pour qu’une fondation, qui porte son nom, soit mise en place. Il a également appelé ses pairs, dans un élan de générosité, de faire des dons à la fondation, si elle venait à être créée.
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