Le Quotidien

Jean Dib Ndour, jeune auteur : «Mon livre présente une Afrique positive»

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Itinéraire d’un enfant d’Afrique : c’est le titre de l’œuvre réalisée par Jean Dib Ndour. Cet hôtelier sénégalais qui vit au Luxembourg est de passage à Dakar pour la promotion de son livre.

Présentez-vous brièvement à nos lecteurs.
On m’appelle Jean Dib Ndour. Je suis né dans un petit village sérère qui s’appelle Nguéniène. Après mon primaire, il n’y avait pas de collège dans mon village et j’ai été obligé d’aller à Joal Fadiouth pour continuer mes études. C‘est là-bas que j’ai eu le baccalauréat. J’ai eu après la possibilité d’une préinscription et d’aller à Paris pour continuer mes études. J‘ai fait une licence en Tourisme et plus tard je suis allé au Luxembourg où je vis actuellement et travaille.

Vous faites quoi dans la vie ?
Je suis chef de réception dans un hôtel au Luxembourg. Entre-temps, j’ai fait une formation de deux ans pour me perfectionner dans mon travail, parce que j’étais dans un milieu où il y avait pas mal de touristes et de business men. Du coup, l’anglais était important. Il me fallait un niveau assez courant pour pouvoir évoluer dans ce domaine.

Qu’est-ce que vous racontez dans votre premier roman Itinéraire d’un enfant d’Afrique ?
Je pense que j‘ai été bercé par le rivage de Joal Fadiouth. Senghor y a émergé avant d’éclore au monde. Il faut reconnaître que j’ai toujours aimé écrire. Certes, mon objectif n’a jamais été de publier. D’ailleurs, j’ai perdu pas mal de feuilles de mes écrits. Mais c‘est un ami qui est professeur de Français qui a lu pas mal de mes écrits et qui m’a demandé impérativement de sortir ce livre. Dans ce roman, je parle de la culture africaine, car j’avais fait le constat qu’en Europe il y a une image assez biaisée de l’Afrique. Que ce soit au sujet du rôle de la femme dans la société, des questions sur les handicaps en Afrique… Il faut le reconnaître, les médias ne montrent que le côté négatif de l’Afrique. Actuellement, on ne parle que de Boko haram, la guerre en Somalie, la famine et autres.  Moi, j’ai donc voulu apporter ma pierre à l’édifice et montrer qu’il y a une autre Afrique malgré les difficultés. Dans ce livre, j’ai parlé du mariage forcé en Afrique, des valeurs que nos ancêtres nous ont laissées, par exemple ce qu’on appelle en wolof le Joom (courage)… J’ai abordé beaucoup de faits de société de manière générale.

Quelle histoire vous y racontez ?
J’évoque mon itinéraire depuis mon enfance, mais c’est aussi l’enfance de tout Africain. Je raconte entre autres le fait qu’a l’époque, il y avait pas mal de mes camarades de classe qui allaient en colonie de vacances et nous, nous devons repartir au village pour aller aux champs aider la famille et après les champs, il y avait ce qu’on appelle les matchs de foot navétanes. Je rapporte les conflits entre les Sérères et les Wolofs… J’évoque également quelque chose qui m’a marqué : c‘est que quand je suis venu en France, il y a avait une image assez négative de l’islam. Sachant que je suis Sénégalais, les gens pensaient même que j’ai pris le prénom Jean pour pouvoir m’intégrer. Car pour eux, je devrais m’appeler Mamadou où autres… J’ai enfin relaté l’histoire de Fadiouth où je parle de l’île aux coquillages, du cimetière où on enterre musulmans et chrétiens. C’est une manière pour moi de marquer l’humanité.

C‘est finalement un ouvrage puisé de votre vécu personnel…
Tout à fait ! C’est un ouvrage puisé de mon vécu… J’y ai aussi parlé des tirailleurs sénégalais, car mon grand père était tirailleur dans la Lorraine. J‘ai parlé des petites amourettes qu’il y avait entre les tirailleurs et les Françaises…

Dans le livre, vous avez beaucoup utilisé des noms de village sénégalais alors que vous vivez dans un environnement européen…
J‘ai voulu vraiment mettre mon africanité dans cette œuvre…

C’est quand même rare de voir un hôtelier s’essayer à l’écriture…
La question là me revient souvent. Tous ceux qui ont lu m’en ont dit du bien. Il faut dire que même si je suis hôtelier, mon désir quand j’étais plus jeune était d’aller en Faculté de lettres ou d’aller en Faculté de droit. J‘ai toujours voulu être avocat. Mais l’envie d’écrire m’a toujours habité. Je postais même des articles dans des forums…

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Je pense que je vais continuer à écrire. J’ai pas mal de chapitres que je n’ai pas inséré. Je me suis arrêté à mon enfance en Afrique. Mais j’aimerais aussi relater mon vécu en Europe. J‘aimerais mettre l’accent sur la vie en occident qui attire beaucoup d’immigrés.

Votre livre est-il vendu à Dakar ?
Justement, c’est la principale raison de ma venue au Sénégal. Je fais des démarches en ce sens pour permettre à mes compatriotes de se le procurer.

Un commentaire sur la page de couverture…
J’ai eu pas mal de photos et j’avoue que c’est celle-là qui m’a tout de suite parlé. Cette image traduit ce désir d’aller de l’avant sur les routes du monde, même si l’avenir est incertain…

Stagiaire

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