Le Quotidien

CONCERT - Après une période de disgrâce du festival des nuits du zikr… : La musique religieuse renait à l’Obélisque

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A la Place de l’Obélisque samedi dernier, artistes musulmans et chrétiens ont porté le flambeau de la musique spirituelle. Devant un public certes clairsemé, ils  ont offert un joli spectacle. Du Tout-Puissant au prophète Mohamed, en passant par Jésus et Bamba, ces musiciens ont même abordé dans ce spectacle la question palestinienne pour déplorer «le génocide que commet Israël à Gaza».

 

Longtemps dans l’ombre du Mbalax et des autres genres musicales, la musique spirituelle a donné rendez-vous à ses adeptes avant-hier à la Place de l’Obélisque dans le cadre  de la 3e édition du festival des nuits du zikr et musiques spirituelles. Ce concert organisé par la structure Ashram records et la Ville de Dakar a été une tribune pour prêcher la paix en Palestine. C’est en effet Douga, un artiste guinéen qui pose le brulant débat de l’heure. Dans un style a capella, il s’insurge contre Israël et le Hamas. « Au nom de la politique et de la religion, ils sèment la violence et la terreur» a-t-il lancé. Plus radical, le reggae man Iba Guèye Massar  assimile ce conflit à « un génocide ». Il accuse : « Nous assistons à un génocide ourdi perpétré par l’Israël. Pendant ce temps-là, la communauté international reste les yeux fermés face à cette agression manifeste d’Israël  à l’égard de la Palestine.» Cet artiste, disciple de Serigne Modou Kara rappelle à l’Etat que « Dieu est entrain de voir tout ce qui se passe et il n’aura aucun pitié pour punir ces agresseurs ». Dans un style plus léger, Souleymane Faye est à son tour monté au créneau pour professer une paix durable au proche orient.

Sympathie à Khalifa Sall

Après avoir  joué la percussion pour l’ancien batteur du Super Diamono Aziz Seck, Souleymane Faye a axé sa prestation autour de musiques de louanges aux religions chrétienne et musulmane. Devant un public acquis à sa cause, Jules (comme l’appelle les intimes) a passé en revue les bienfaits de Cheikh Ahmadou Bamba, de Cheikh Ibra Fall mais aussi de Jésus Christ. Il clame : « Merci Dieu, merci Bamba, merci Baye Niasse, merci Baye Laye, merci Jésus… ». Dans cette soirée jusque-là hautement spirituelle, l’auteur de Neko Demna rajoute une dose politique en affichant sa sympathie à Khalifa Sall, actuel maire de Dakar. « Je ne suis pas un politicien mais l’honnêteté me commande de dire que Khalifa Sall est un maire qui mérite des encouragements. Je suis né en 1951. Donc, je connais le Dakar d’hier et d’aujourd’hui. Notre ville a grandement  changé avec lui », soutient Souleymane Faye qui prévoit un nouvel album dédié à la jeunesse sénégalaise.

Hystérie collective des fans

Au cours de ce concert des artistes comme Bineta Thiam ont aussi joué leur partition. Cette dernière a réchauffé le public avec sa musique aux saveurs des rythmes d’Arabie Saoudite. Sa maitrise du micro et de l’instrumentale a séduit les spectateurs qui n’ont pas manqué de le lui rendre en lui offrant des liasses de billets d’argent. Et très vite, cette gaieté ambiante s’est transformée en une hystérie collective par Aida mou Baye. Celle-ci, en reprenant dans sa prestation des sermons du fondateur de la confrérie Niassène a plongé les talibés en état d'extrême agitation.

En définitive, les artistes ont rendu un hommage mérité au défunt Oumar Ndao, parrain de cette édition du festival.   Professeur de lettres et enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dramaturge et metteur en scène sénégalais, Oumar Ndao était aussi directeur de la culture et du tourisme, à la mairie de Dakar.

Stagiaire

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