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DAKAR LES TRAVAUX FORCeS POUR KADIECKO ET SA BANDE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-11-2009

Ils avaient agressé Ousmane Timéra en usant d’une arme à feu

La Cour d’Assises de Dakar a rompu hier avec la clémence en condamnant des malfaiteurs à une peine lourde. Elle a condamné Eric Kadiecko et Lamine Sané dit Moussa Diop alias Indochine à 15 ans de travaux forcés alors que les deux autres accusés en ont écopé 8 ans.

Par Birame FAYE

ImageLe réquisitoire de l’Avocat général, Alioune Cissokho, a été sans complaisance pour les quatre accusés. «Les citoyens n’en peuvent plus avec l’insécurité. A défaut d’une justice étatique, il y aura toujours une justice populaire», lance-t-il à la Cour. Et pour éviter le pire, selon lui, seule une réponse adéquate de la Justice est capable de mettre fin à ce phénomène. Et le représentant du Parquet de marteler : «Eric Kadiecko Basse, Khadim Kounta, Mame Baye Ndiaye et Moussa Diop né Lamine se sont rendus à la boîte du Sun Set Sahel pour agresser avec des armes.»
Alioune Cissokho s’appuie sur les coups de feu ayant entraîné la blessure par balle de Seynabou Badji et les déclarations des 4 filles qui avaient accompagné la bande de Eric à la discothèque. Celles-ci font, en effet, état d’une détention de gourdin, de coupe-coupe, de couteau et d’un pistolet automatique, mais surtout d’un pistolet automatique sans autorisation administrative révélée par l’enquête préliminaire.
Mais le Parquet indexe Eric et Moussa Diop comme étant les cerveaux de ce groupe de malfaiteurs. «Il y a des criminels nés», dit M. Cissokho. Logique donc qu’il mette tous les accusés dans le même sac pour demander à la Cour de les condamner aux travaux forcés à perpétuité. Il s’agit pour lui de crimes flagrants qui nécessitent l’application de la loi dans toute sa rigueur.  Les accusés ont nié les faits et parlent plutôt d’une volonté de récupérer les chaussures de leur camarade Mouhamed Mboup.
La défense tente de ramener le Parquet à la raison en s’interrogeant sur l’intention d’agresser reprochée à ses clients. «Comment des jeunes qui vont commettre une agression devant un dancing s’accompagnent de quatre copines ? Ils essaient plutôt d’aller laver un orgueil, car un de leur camarade a été dépouillé de ses chaussures dans cette même boîte», plaide Me Bocar Ndao. La preuve est qu’ils n’ont appréhendé que Ousmane Timéra, un supposé membre du groupe. Me Ibrahima Wade, un autre conseil de la défense, s’inscrit sur la même lancée : «S’ils voulaient tout simplement agresser, ils n’auraient pas quitté les Parcelles assainies à 22h en laissant derrière eux suffisamment de matière.»
 Pour Me Babacar Ndiaye, aucun témoin n’a été entendu sur les accusations portées contre leurs clients. D’autant plus qu’il n’existe pas de preuve matérielle capable d’établir la nature du vol.
Un autre avocat de la défense, Me Martin Diatta, s’en prend à l’Avocat général : «Le parquet général se comporte comme une ménagère en invoquant la clameur publique. Il se limite aux déclarations préliminaires pour demander une condamnation.» Les faits se sont déroulés, rappelle Me Diatta, dans un contexte d’euphorie de la Coupe du monde de 2002. Et il faut plutôt parler de bagarre au lieu d’agression, car l’intention n’y était pas, d’autant plus que les conditions d’une agression n’étaient pas réunies.
Par ailleurs, la défense dit ne pas comprendre la volonté du Parquet de mettre tous les accusés sur un pied d’égalité en ce sens que «la responsabilité pénale est individuelle». «Il fallait camper les responsabilités des uns et des autres, dès le départ, parce que si les accusés étaient armés, la supposée victime Ousmane Timéra aurait trépassé. Mieux, ils en useraient pour se défendre», plaide Me Ibrahima Mbengue, qui estime qu’on aurait trouvé par-devers eux lesdites armes dès lors ils ont été molestés par la foule. «Ceci dit, on ne nous présente pas des scellés qui attestent de l’existence d’armes», ajoute-t-il.
La Cour a déclaré les 4 accusés coupables d’association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit, détention d’armes, coups et blessures volontaires. Il a condamné Eric Kadiecko Basse et Lamine Sané dit Moussa Diop alias Indochine à 15 ans de travaux forcés. Ce dernier doit payer un million de francs Cfa à Seynabou Badji en guise de dommages et intérêts.
Quant à Khadim Kounta et Mame Mbaye Ndiaye, ils écopent de 8 ans de travaux forcés.

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