| FOULADOU - Accessibilité aux soins de santé conventionnels |
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| 23-12-2008 | |
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Des veillées nocturnes pour sensibiliser les populations rurales Pour que, face à un problème de santé, aller à la première structure sanitaire accessible et acheter les médicaments dans des officines ou lieux conventionnels deviennent un réflexe pour les populations de la communauté rurale de Saré Coly Sallé, l’Ong Medicos del mundo en collaboration avec le corps de la paix américain et l’association des élèves du village de Kountanto, utilise le théâtre et le conte populaires comme moyens de sensibilisation. Par Abdoulaye KAMARALe village de Kountanto dans la communauté rurale de Saré Coly Sallé, département de Vélingara, a retrouvé, le temps d’un week-end, l’ambiance des veillées nocturnes bien connues par les populations rurales du Fouladou, surtout en cette période de fin de récolte. Medicos del mundo a regroupé une douzaine de villages de la province du Passa pour un festival de théâtre et de contes. Sous un ciel qui a caché sa lune, des ampoules se sont dressées pour illuminer la place publique qui a accueilli près d’un millier de personnes. Les prestations des troupes de griots ont rajouté au climat festif, malgré un froid dissuasif. Il s’agissait, à travers le théâtre, de «promouvoir la fréquentation de la case de santé de Kountanto, qui est fonctionnelle, et des autres structures de santé du département, faire voir le rôle que peut jouer l’agent de santé communautaire et aussi, montrer les dangers des médicaments de la rue et l’utilisation abusive de médicaments tels que le bactrim» informe le coordonnateur de cette Ong à Vélingara, Marco Pollarolo. En fait, avec ses collaborateurs pour ce festival, ils ont constaté que, dans ces villages du Fouladou, l’accessibilité aux soins de santé conventionnels n’est pas une réalité. Soit on a recours de façon systématique à l’auto-médication par les médicaments de la rue, soit c’est le tradi-praticien du coin qui est sollicité en premier. Des comportements à risque qui exposent ces populations à des ennuis sanitaires qui, pourtant, auraient pu être éviter par l’agent de santé communautaire du village en administrant les médicaments adéquats ou en orientant vers les structures de santé de niveau supérieurs. Pour soigner le Passa de ces maux et briser la «distance culturelle qui sépare les offres de services de santé conventionnels et les populations, il fallait ouvrir le débat, informer, sensibiliser» explique M. Pollarolo qui précise : «On ne cherche pas forcément à faire changer de comportement, mais à faire voir et noter qu’il existe d’autres voies et moyens qui peuvent donner de bons résultats sanitaires.» Pour s’y faire, rien mieux que le théâtre, après avoir aidé à la formation des troupes de théâtre dans différents villages de cette province peule et superviser leurs activités sur des thèmes aussi variés que la promotion de la fréquentation des cases de santé et du planning familial, la condamnation de l’achat de médicaments de la rue et l’usage abusif du bactrim et la sensibilisation contre les mariages précoces et les grossesses prématurées. Dans cette sensibilisation, la lutte contre le Sida a eu une place très marginale. Car, selon Marco Pollarolo «différents programmes s’intéressent à la lutte contre le Sida et le paludisme. On s’intéresse très peu aux autres problèmes de santé qui également peuvent faire autant de dégâts que ces maladies». D’ailleurs la troupe mixte Kountanto-commune de Vélingara a mis en relief un malade mental livré à lui-même par la communauté trop occupée à s’occuper des séropositifs et de la prévention du Sida. La troupe «Walli jamaa» des tradi praticiens du village de Saré Bassy, encadrée l’Ong espagnole, à travers ses prestations, a montré que tout n’est pas mauvais dans le recours aux tradi-thérapeutes dont certains collaborent avec la médecine moderne et que leurs médicaments ont fait l’objet de certification. Au terme des prestations, l’élève Binta Mballo de la classe de 5e au Cem de Saré Bassy apprécie : «Nous avons été sensibilisés pour que nous nous occupions mieux de notre santé par une meilleure orientation et comportement. En plus, nous nous sommes bien amusés.» Medicos del Mundo ne cherchait pas une meilleure compréhension de cette initiative. Les conteurs étaient utilisés pour les intermèdes et marquer une pause pour le théâtre. Mais les thèmes de Mamadou Mballo et Awa Baldé de Saré Yéroyel n’avaient rien à voir avec la santé. Pis, les enfants qui formaient le gros de la foule, n’y ont retenu que des baratins. Comme le petit Demba Mballo, environs 11 ans, du village de Kountanto s’est bien ennuyé ! Car il dit ignorer tout du b a ba du conte. Certainement que les Espagnols reviendront brieffer les petits africains sur leur propre culture, pourtant marquée par l’oralité. Correspondant |
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