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NOUVEL ALBUM TOUTI WAKH JOB LU BEURI : Gaston donne une raclée musicale aux alternoceurs



Pour la sortie hier de son album Touti wakh job lu beuri, la grande salle du Centre culturel Blaise Senghor a refusé du monde. Le rappeur Gaston de son vrai nom Bamar Ndoye ne pouvait espérer mieux. Il en a profité pour lancer un appel aux jeunes afin qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales et voter. Il n’a pas au préalable, manqué de rendre responsable le régime en place de la misère du peuple. Pour Baye Sen (son autre surnom), il faut désormais, «peu de paroles et beaucoup d’actions». Sur la pochette de son nouvel album, Gaston a le regard fixe, la mine à la fois sereine et pensive. Un doigt posé sur ses lèvres, le rappeur, sur ce poster assez frappant, semble vouloir faire passer un message. Ce message, il l’a rendu public lors de la présentation hier au Centre culturel Blaise Senghor, de son nouvel opus Touti wakh job lu beuri (traduit littéralement : Peu de parole et beaucoup d’actions). D’après Gaston alias Baye Sen, «il est temps d’arrêter de parler. Il faut maintenant poser des actes». C’est ce à quoi, il invite à la fois les dirigeants et le peuple sénégalais. Ce rappeur connu pour son language de vérité, n’a pas fait dans la langue de bois. Dans ce nouvel album, il tance aussi bien le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade que les populations qui, à son avis, sont «aussi responsables de tous les maux qui entraînent le Sénégal vers l’abîme».

«Abdoulaye Wade n’a pas la solution. Gorgui n’a plus les réponses à nos problèmes», a affirmé Gaston devant une foule de jeunes venus assiter à la sortie officielle de cet album de 21 titres. Il poursuit très verve : «C’est par une carte qu’il est venu au pouvoir. C’est aussi par une carte qu’on l’a élu. C’est donc par une carte qu’il faudra encore le faire partir.» Invitant les jeunes à aller s’inscrire massivement pour non seulement avoir leur carte d’électeur, mais surtout voter pour changer le régime en place, l’auteur de Khel Komla (l’intelligence est une richesse), son premier album, indique que «tout va mal dans notre société. Rien ne marche. Il faut éviter les échauffourées et passer à l’acte». Le rappeur ne manque également pas de saluer l’acte de bravoure du député Cheikh Bamba Diéye, qui s’est enchaîné avant-hier aux grilles de l’Assemblée nationale, afin de protester contre le projet de loi instituant le ticket  à la Présidentielle.

Refusant toutefois d’appartenir au mouvement Y’en a marre dont-il dit ne pas maîtriser les ambitions et les convictions, Gaston reconnaît toutefois qu’il s’inscrit comme eux, dans une dynamique de changement des choses. Et son album en est une preuve élogieuse. Touti wakh job lu beuri mélange à la fois musique spirituelle et morceaux engagés. Le rappeur dans ses compositions (il a fait 11 compositions personnelles sur les 21 titres), étale des titres égo trip, dans un style assez particulier. C’est le cas par exemple de Tiakh bi, un feat avec Zapata, Kalif, N’Diss et Ibrahim. Ce morceau reste une énigme pour tout mélomane. D’autant plus que Gaston slame à sa manière et laisse chaque auditeur compren­dre à sa façon le message. Il ne man­que pas non plus dans cette nouvelle production, de prêcher «l’entente entre les rappeurs». Mais son flot musical reste tout de même concentré sur le vécu quotidien et commun des Sénégalais. Le morceau Sénégal bi tchi souf (Le Sénégal d’en bas) exprime assez parfaitement l’engagement de l’auteur de Yeuk sogua nekk (L’éveil spirituel précède l’existence), son album sorti en  2007.

Avec ce grand retour dans les bacs, Gaston ne manque également pas de rendre hommage à son ami et défunt rappeur Bourba. A travers Liqlass tchi Bourba, il veut que tout le monde prie pour le repos de l’âme de son ex-compagnon de scène. Aussi, cette nouvelle production réalisée au studio Def Dara reste l’une des plus accomplies du rappeur depuis le début de sa carrière. Nombreux parmi ses confrères musiciens y ont d’ailleurs posé leur voix en featuring. C’est le cas de Res Kp, Mario, Djamal, Bison ou encore le roi du mbalax, Youssou Ndour, avec qui il chante Taxawalou warouma, un morceau qui «invite à ne pas passer son temps à vadrouiller et être inutile». En somme, Touti wakh job lu beuri est un voyage musical qui ne manquera pas d’avoir son impact sur les mélomanes en cette période de tumultes sociaux. Il restera surtout la bonne raclée servie au régime en place par cet artiste à la veille de la prochaine élection présidentielle.

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