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Hier, Balla Gaye, aujourd’hui Fallou Sène. Les interventions policières pour réprimer les manifestations sont parfois entachées de bavures. Le plus souvent, les crimes sont impunis. Pour preuve, les étudiants réclament toujours la tête du bourreau de Balla Gaye et de Mamadou Diop.

Hier, les manifestations à l’université Gaston Berger de Saint-Louis ont provoqué la mort par balle de l’étudiant Falilou Sène. Victime des intenses affrontements entre les Forces de l’ordre et une frange estudiantine. Des adversaires historiques dans et en dehors de l’espace universitaire. Censés maintenir l’ordre, les policiers font souvent recours à la méthode forte devant les infatigables étudiants qui réclament leurs dus mensuels. Leur face-à-face non encadré mais réprimé n’est pas toujours sans conséquences. Pire, des étudiants en ont laissé leur vie.
Le 31 janvier 2001, un an après l’arrivée au pouvoir du Président Abdoulaye Wade, Balla Gaye, originaire de Tivaouane, étudiant en première année de Droit, recevait une balle de la police. Fin tragique d’une vie d’études et de combat. Ce qui plonge le temple du savoir dans le deuil. Cette bavure tant décriée ne sera pas la dernière. A la même date mais 11 ans plus tard, à savoir le 31 janvier 2012, c’était au tour de l’étudiant Mamadou Diop de subir la furie policière dans une ambiance préélectorale tendue. L’étudiant en Master à la Faculté des lettres est fauché à la place de l’Obélisque par un camion de la police.
Au mois d’aout 2013, au cours d’une journée mouvementée, une histoire de bourses conduit à des affrontements entre policiers et étudiants. Devant le pavillon B, Bassirou Faye meurt après avoir reçu une balle à la tête. Depuis lors les batailles ont lieu sur l’avenue Cheikh Anta Diop où les véhicules de la police sont stationnés en permanence.

Des bavures impunies
Si Sidy Mouhamed Boughaleb séjourne actuellement en prison, ce n’est pas le cas pour les auteurs des meurtres de Balla Gaye et de Mamadou Diop. Le 31 janvier dernier, à l’occasion de la commémoration du 17ème anniversaire de décès du premier nommé, les étudiants, arborant des tee-shirts à l’effigie du disparu, criaient «justice pour Balla Gaye». Et jusque-là, rien. Face à la furie estudiantine, le président de la République d’alors avait ordonné l’ouverture d’une enquête. Les résultats semblent aujourd’hui rangés pour de bon dans les tiroirs de la justice. Pareil pour le meurtre du Mbourois Mamadou Diop. Sa famille réclame toujours des sanctions. Les procédures enclenchées n’ont pas donné les résultats escomptés.
Pour que la famille de Fallou Sène ne vive pas pareille situation, la Rencontre africaine de défense des droits de l’Homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains et Amnesty international exigent l’ouverture immédiate d’une enquête. Dans cette optique, ces organisations bannissent l’usage excessif de la force par les forces de sécurité lors des opérations de maintien de l’ordre.
Stagiaire

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