PARTAGER

Les prisons sénégalaises souffrent du surpeuplement provoqué par les longues détentions préventives. La visite du ministre de la Justice, hier à la Maison d’arrêt et de correction de Thiès, a été une tribune pour les détenus d’exprimer leur détresse. A travers les grilles de la porte, serviette autour du cou, un détenu crie à haute voix : «deux ans et huit mois de détention. On a trop duré ici. On a juste besoin d’être jugé», lance stoïquement ce quidam. Le calme olympien noté sur les lieux est perturbé par moments par les gazouillements des oiseaux. Du haut du mirador, une sentinelle jette un regard de gauche à droite. A l’intérieur, des dessins de Cheikh Ahmadou Bamba, de Cheikh Ibra Fall et de Serigne Modou Kara Mbacké tapissent les murs.
Le Garde des sceaux, Ismaïla Madior Fall, est venu inaugurer deux nouvelles chambres dotées de toutes les commodités. D’une capacité de 75 places chacune, elles disposent de lits superposés, de ventilateurs, de téléviseur, de toilettes intérieures avec robinet. Selon les responsables de la Mac, l’ancienneté, la discipline et la vulnérabilité sont les critères retenus pour prétendre à ces cellules. M. Fall, en compagnie du directeur de l’Administration pénitentiaire, le colonel Daouda Diop, a fait aussi le tour de la nouvelle chambre froide, le greffe et la direction. Le déplacement dans la capitale du Rail s’est terminé à la Cour d’appel. «Avec tout ce qui se dit sur l’état des prisons, c’est un plaisir de visiter cet établissement pénitentiaire de Thiès qui est propre, bien entretenu. Et ici, nous avons, en compagnie du directeur de l’Administration pénitentiaire, vu les efforts pour réaliser la volonté du président de la République d’humaniser les prisons, d’humaniser la vie carcérale», dit Ismaïla Madior Fall. A cette occasion, le ministre a rappelé que «les longues détentions quand on les analyse dans notre pays, c’est essentiellement surtout en matière criminelle. Parce qu’il y a un certain engorgement au niveau des juridictions qui sont chargées de les juger. On a vu aussi qu’il y a beaucoup de cas de détention qui sont liés aussi au fait qu’on a criminalisé la drogue au Sénégal». Il a, par ailleurs, rapporté que ses services travaillent pour trouver des peines de substitution à la prison. Car, selon lui, l’ambition du chef de l’Etat, «c’est de changer le visage des prisons du Sénégal».
A la Maison d’arrêt de Rebeuss pour l’inauguration du fauteuil dentaire, le ministre de la Justice a déclaré que l’Etat travaille «pour des prisons plus humaines, plus décentes. C’est dans ce cadre d’ailleurs qu’on note depuis quelques années, et de façon substantielle cette année, l’augmentation de la prime journalière destinée à chaque prisonnier. Aujourd’hui, la prime est à 1 020 francs Cfa». Et d’ajouter : «Le président de la République a donné des instructions très claires et a dégagé les moyens, les crédits qu’il faut pour construire en 2018 une nouvelle prison. Et en attendant la construction de cette nouvelle prison, il y a aujourd’hui tout un programme de construction de nouvelles chambres dans les prisons existantes.»

Situation carcérale de la Mac de Thiès : 52 agents surveillent 1066 détenus

Construite pour accueillir 1 000 détenus, la Maison d’arrêt et de correction de Thiès compte aujourd’hui 1 066 prisonniers. Parmi eux, il y a 362 qui purgent leur peine dont 344 hommes, 7 mineurs, 11 femmes. Le reste attend encore son procès. Il y a 52 agents de la Mac, qui veuillent sur les quartiers des adultes, des femmes, des mineurs et des jeunes délinquants dont les âges varient entre 18 et 21 ans.
msakine@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Construire de nouvelles prisons ou… faire de la prévention dans les écoles et dans les prisons…
    Comprendre ce qui fait qu’un être humain agit d’une façon inadaptée.

LAISSER UN COMMENTAIRE