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Par Hamath KANE – Au rythme où se déroulent les opérations d’inscription pour l’obtention de la carte d’identité de la Cedeao et d’électeur, il y a fort à parier que le défi ne sera relevé que miraculeusement. Le hic n’est pas dans la gratuité pour les six mois. Mais bien dans les conditions de dépôt elles-mêmes. Si cette gratuité était pour ne pas rajouter à la galère des citoyens, elle a finalement suscité une grosse colère chez les demandeurs. Le fait est qu’il est difficile d’espérer que les autres commissions décentralisées ou mobiles seraient des solutions aux énormes lenteurs. Puisque le problème n’est pas seulement dans la demande croissante. Tout dépend aussi de «l’humeur» de la machine qui fait des siennes sans avertir. Pour 6 mois de gratuité, des inscriptions en moyenne de 100 par jour, il faut tout de suite admettre que seul un tiers des Sénégalais au maximum pourrait disposer d’une carte d’identité dans les délais. Surtout que la majorité arrive à expiration fin décembre. Un prolongement de la validité s’imposera encore. On connaît les conséquences pour les concernés. On l’a vécu avec nos voisins de la Gambie qui n’en ont cure d’un décret ou d’un arrêté allongeant «l’espérance de vie» d’une Cni sénégalaise.
Et encore, le plus sensible reste la carte d’électeur ; celle-là qui choisit ses dirigeants et les sanctionne. Qui met pouvoir et opposition dans un éternel dialogue de sourds politique. Le constat est là, loin des discours politiques et théoriques : les citoyens à qui l’on demande de confirmer ou d’infirmer -sans consensus au préalable- leur intention de voter ou non, sont plus préoccupés par la carte d’identité que par la carte d’électeur. A la solution à l’abstention brandie par le pouvoir, l’on risque de se retrouver avec peu d’inscrits. Et le résultat reviendra au même. N’oublions pas l’abus de langage selon lequel plus de 65% de Sénégalais ont élu Macky Sall. Alors qu’en réalité, c’est plus de 65% de votants, donc inscrits sur le fichier électoral. Un taux d’abstention, c’est toujours par rapport au nombre d’inscrits et non au nombre d’habitants, même remplissant les conditions de voter. C’est dire que le débat se pose, et se posera encore lorsqu’arrivera le temps des contentieux. La vérité, c’est que le Gouvernement ne semblait pas prêt pour ces opérations de grande envergure. L’on a l’impression qu’il joue plus la carte du populisme pour crier : «Nous sommes les premiers à appliquer la directive communautaire.» Et après ?
hamath@lequotidien.sn

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