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L’Etat n’est pas près de reculer sur le projet de loi portant parrainage qui passera en plénière ce jeudi. La coordinatrice du pôle parrainage et mobilisation de la coalition Benno bokk yakaar, Aminata Touré, a défendu hier le projet controversé lors d’une conférence de presse.

Le régime ne compte pas céder à la pression par rapport au vote du parrainage. Au contraire, à trois jours du passage du projet de loi à l’Assemblée nationale, la coordinatrice du Pôle parrainage et mobilisation de la coalition Benno bokk yakaar a convié la presse, hier à son domicile, pour expliquer le bien-fondé de ce projet. «Il s’agit de mettre de fin à une discrimination. Mais aussi la loi obéit à un besoin de lutte contre l’anarchie des candidatures et d’éviter les candidatures fantaisistes», a dit Aminata Touré. Alors au cas où la majorité vote le projet controversé, chaque candidat est tenu d’apporter 1% du nombre d’inscrits sur le fichier électoral, à raison de 2 000 par région et dans au moins 7 régions du pays. De l’avis de Mimi Touré, «c’est pour éviter les candidatures régionalistes pour ne pas dire ethnicistes» que cela a été inclus dans les dispositions.
Par ailleurs, l’Envoyée spéciale du chef de l’Etat, sans citer de noms, a répondu aux partisans de Khalifa Sall et de Karim Wade qui voient une façon pour Macky Sall d’éliminer de potentiels adversaires sérieux. «Comment un candidat qui ne peut pas avoir 1% peut-il être une menace ? Je ne le vois pas. Et si ce sont les petits candidats qui ne peuvent pas avoir 1% mais ils n’ont qu’à se regrouper parce que l’émiettement des candidatures va finir par fragiliser notre système démocratique», conseille-t-elle. Après avoir précisé que ce système sera valable aussi bien pour la Présidentielle que pour les élections législatives et municipales, Mimi Touré persiste et signe que «rien n’a changé dans le mode d’élection» comme véhiculé par certains. La responsable de l’Apr a aussi apporté la réplique à ceux qui appellent à un 23 juin bis ce 19 avril. «Ça n’a rien à voir. Le 23 juin était une violation flagrante de la Constitution», souligne-t-elle. Et de renchérir : «Le parrainage n’est pas nouveau puisque c’est la loi 91-46 du 6 octobre 1991 qui l’institue déjà. Dans le code de 1992, on institue également très clairement une exigence de parrainage. Jusqu’en 2012, le parrainage était exigé aux candidatures indépendantes.»
msakine@lequotidien.sn

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