PARTAGER

«L’intelligence artificielle est ce qui peut arriver de meilleur ou de …pire à l’humanité»,  Stephen Hawking

Introduction au futur internet
Internet est un réseau international de communication.
La force d’internet réside dans la simplicité, le caractère, même sommaire, de ce qui le constitue, et une architecture non hiérarchisée des appareils connectés en principe etc.
Cette simplicité a rendu internet souple, avec plusieurs terminaux connectés et bien plus d’utilisateurs, tout en supportant des usages de plus en plus divers et exigeants, sans s’effondrer, ni fondamentalement changer.
Mais une dualité existe entre le besoin de connecter tout et tout le monde, et la garantie de la qualité, de la sécurité, l’introduction de nouveaux services et de nouveaux usages etc.
L’internet du futur est une proposition de réponse à ces interrogations.

L’internet du futur :
Internet est un outil formidable de communication et d’échanges à travers le monde.
Il a révolutionné tous les secteurs de nos sociétés, notre manière de communiquer, de nous informer, de nous divertir, de consommer et même d’interagir socialement.
Les technologies de l’internet sont utilisées pour diffuser des programmes de télévision, interconnecter des banques, gérer des transmissions militaires, suivre des opérations médicales, trans­porter des données et des conversations téléphoniques etc.
Internet s’est imposé grâce à des principes fondateurs simples, notamment dans le domaine de l’architecture, de l’adres­sa­ge  (numéro qui identifie chaque ordinateur connecté au réseau) et des protocoles (méthodes standard de communication). Cette simplicité et l’utilisation de protocoles ouverts et neutres ont abouti à la mise en place très rapide d’un réseau global permettant de transférer l’information sous toutes ses formes, presqu’en tout lieu, quasi instantanément et à un coût accessible à un très grand nombre d’utilisateurs.
Le succès que connaît internet aujourd’hui dépasse les ambitions de ses concepteurs. Il est devenu une infrastructure universelle mettant en synergie outils et techniques de construction, de conception et de constructeurs différents. Bref, il est devenu un réseau fédérateur des usages numériques.
Mais la croissance rapide du réseau et la généralisation de son statut de réseau universel lui confèrent des lacunes énormes.
Le problème de la sécurité : de plus en plus d’entreprises ou administrations  ouvrent leur système d’information à leurs partenaires ou fournisseurs. Il est donc essentiel de connaître les ressources à protéger, contrôler les accès et répartir les droits des utilisateurs. Des sommes de l’ordre de plusieurs milliards de dollars Us ont été avancées suite à des dommages causés par des programmes malveillants (exemple : le ver code red).
La centralisation de services : bien qu’il soit souvent perçu comme un réseau entièrement distribué, internet ne peut fonctionner sans certains services centralisés. C’est le cas du Dns (serveur de nom) ou encore du Dhcp (attributaire dynamique d’adresses). Avec la voix sur Ip (téléphonie sur internet), la vidéo etc., le nombre des serveurs croît sensiblement et leur nécessaire fiabilité devient un enjeu critique :
– de la convergence des services entre les réseaux fixes et mobiles,
– de mobilité globale des services c’est-à-dire leur maintien lors de la traversée de barrières technologiques,
– de gouvernance et d’administration : réseau mondial maillant des utilisateurs de tous les horizons, sans considération de limite nationale ou géographique, internet a très vite fait apparaître la nécessité de mettre en œuvre une coordination mondiale. Cette responsabilité exige aussi un vaste système de pratiques, de normes, de conventions et de politiques publiques afin de prendre en compte les enjeux sociaux et culturels :
– de la congestion due au nombre élevé d’utilisateurs, d’ordinateurs connectés et des services variés qui impactent la qualité de service etc.
Ces problèmes ont été identifiés depuis plusieurs années et de nombreux chercheurs et industriels tentent d’y apporter des réponses par la recherche des fonctions qu’internet devra intégrer dans le futur pour lui faire jouer son aspect majeur de réseau de convergence.
L’internet du futur est aujourd’hui au cœur d’un effort de recherche et d’enjeux économiques internationaux considérables tant au niveau académique qu’industriel.
Des initiatives existent en Europe (Euro-Ngi (Euro next generaton internet), Euro-Nf (Euro network of the future), Fire (Future internet research and experimentation)), aux Usa (Find (Future internet design)), au Japon etc. (1)
La littérature offre des propositions techniques parfois réalistes, parfois moins réalistes allant de la refondation (nouvelle base architecturale, algorithmique) à l’évolution graduelle des réseaux en passant par la création de protocoles plus complets à partir de l’existant. Du point de vue pratique,  les réseaux  Ims (Internet multimedia subsystem) constituent un bon début de réponse à la problématique vu qu’ils constituent une plateforme de convergence  des réseaux et systèmes existants.
Bref, toutes les propositions convergent vers un internet à plusieurs facettes communes.

L’internet du futur doit être :
l’internet des objets : c’est-à-dire un internet bien interfacé entre le monde physique et numérique
l’internet des contenus : les contenus (images, son, vidéo etc.) doivent trouver des codes unifiés qui leur permettent d’être consultés sur chaque type d’appareils et différents type de réseaux que l’on soit assis ou en mouvement. Il en est de même de la mise à jour et de la pérennisation des contenus.
l’internet des usages et des services : c’est l’accès des usagers à des multitudes de services sur des terminaux et plateformes différents (console de jeu, téléphone, ordinateurs etc.)
l’internet des réseaux spontanés : ils permettent à des individus de communiquer et d’échanger du contenu en l’absence d’infrastructures et de services centralisés, etc.
En gros, un internet du futur bien réussi devra permettre le fonctionnement d’applications, de services et d’usages très hétérogènes, avec  des équipements qui s’adapteraient au contenu et non le contraire comme actuellement. Le but étant la recherche de la flexibilité et la simplicité.

L’intelligence économique
La notion d’intelligence économique est parfois floue et difficile à définir, voire parfois galvaudée.
Elle est difficile à cerner vu le nombre important de métiers et disciplines qui lui sont connexes : analyse, sciences de gestion,  communication,  droit, science politique, relations internationales, économie, informatique, psychologie, lobbying etc.
Dans son livre L’intelligence organisationnelle, 1967, Harold Wilensky définit l’intelligence économique comme «l’activité de production de connaissances servant les buts économiques et stratégiques d’une organisation, re­cueillie et produite dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes». Un facteur qui la distingue de l’espionnage économique est l’utilisation de moyens légaux.
Ce qu’il faut retenir est que la plupart des spécialistes du domaine s’accordent sur les points et principes essentiels de l’intelligence économique que sont :
la veille (acquisition de l’information stratégique) ;
la protection des informations
l’influence (propagation de l’information  dans un sens qui favorise  sa stratégie).
Il s’agit pour les acteurs économiques, en particulier les entreprises, de disposer  d’infor­ma­tions  structurées et en abondance pouvant leur aider à faire face à différentes formes de  guerres de compétitivité  et de leadership dans un contexte concurrentiel et de mondialisation.

L’intelligence artificielle
La multiplicité des données venant d’internet ou d’objets connectés, la puissance de calcul des ordinateurs combinée à l’indépendance des algorithmes pousse à franchir une étape dans la conception et la mise en œuvre des systèmes d’information. Elle consiste à aller vers des modèles et systèmes qui ont toutes les apparences de l’intelligence humaine. En effet, il s’agit d’avoir des systèmes qui pensent comme les humains, donc qui pensent rationnellement et qui agissent comme les humains, donc qui agissent rationnellement.
Des exemples illustratifs vont des machines battant des humains aux jeux (Kasparov aux échecs en 1997), au système permettant de déceler les employés malintentionnés infiltrés dans une société (Darktrace), aux  drones effectuant des missions complexes, à la voiture autonome etc.
Comme l’intelligence économique, il existe une multitude de définitions de l’intelligence artificielle. Marvin Lee Minsky, mathématicien, amateur de science-fiction, la définit comme «la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains, car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique».
Le but visé est qu’un programme informatique soit capable d’apprendre, de raisonner, de juger, de prévoir, d’anticiper en déclenchant une action. Ce sera l’ère des algorithmes prédictifs et décisionnaires.

Le futur internet, point de convergence entre l’intelligence économique et l’intelligence artificielle 
Les enjeux économiques du futur internet sont nombreux, car toutes les nouvelles potentialités créées sur les réseaux ont été exploitées économiquement par les usagers jusqu’ à leurs limites.
L’internet des objets entraîne le développement des outils d’observation et de contrôle. Le trafic routier, la grande distribution, la production, l’énergie, la sécurité etc. connaissent un développement fulgurant. Les informations trans­portées par ces objets connectés sont traitées par des intelligences artificielles, augmentant l’efficacité et la précision des services, mais aussi leur rendement et rentabilité.
L’évolution des réseaux spontanés leur donnera le statut de réseaux opportunistes quand par exemple des puces seront capables de s’auto découvrir et de constituer de manière spontanée un réseau permettant d’échanger les informations concernant les objets auxquels ils sont associés.
L’intelligence artificielle embarquée permettra à un objet connecté de prendre lui-même des décisions en temps réel (predictive objects), selon le contexte d’utilisation et les données disponibles (même dans le cloud) et les objectifs visés. L’intelligence artificielle devient un outil de précision devant la volumétrie des données.
Des avancées significatives verront alors le jour (ou commencent même à voir le jour) dans le domaine de la santé (diagnostic et intervention à distance), de l’environnement, de la domotique (bâtiment intelligent : bâtiment économiseur d’énergie, alarme…), du transport (transport intelligent)…
Cet internet du futur sera l’évolution de la radio identification (Rfid) permettant à des cartes à puce d’échanger des données de manière distante, ce qui va révolutionner les systèmes de paiement.
L’impact économique de cette intelligence des réseaux, des objets et des contenus est évident. L’internet du futur sera aussi, de manière évidente, la réduction significative des coûts de production et de distribution. Dans certains secteurs, des gains de productivité importants seront réalisés. C’est un des buts visés par l’intelligence économique. Les nouveaux  services créés pourront significativement améliorer la qualité de vie des citoyens.

Conclusion :
Nous vivons un monde d’accélération scientifique et technologique sans précédent. Il est évident que ces outils et objets présentent aussi des risques et dangers, notamment sur la protection de la vie privée, le problème de responsabilité en cas d’accident, les pertes d’emplois etc. L’humanité n’est pas le réel, mais aussi l’émotion, le social, les valeurs etc. Il devient alors dangereux d’appliquer la logique de l’algorithme à toutes les situations. Ces technologies doivent être «humanisées». Un stade avancé de l’intelligence artificielle se penche sur les capteurs neuro-morphiques et les réseaux neuroniques (inspirée du fonctionnement des neurones biologiques), quand d’autres développent des solutions dénommées  «robotique sociale».
Ces avancées ont permis une croissance accélérée de certains secteurs, l’introduction de nouveaux services et d’autres pôles de compétitivité.
Des initiatives d’anticipation existent un peu partout, vu les enjeux économiques et financiers.
En France, la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (Dgcis) du minis­tère  en charge de l’Economie a créé déjà en 2007 un Groupe de réflexion sur l’internet du futur (2).
Devons-nous attendre que les outils et technologies sortent pour s’adapter, se conformer, car le phénomène de mondialisation ne nous permet pas d’être en marge ? Ici, l’adaptation n’a pas un coût, mais des coûts (finances et infrastructures). Des pays ont créé des task group, comités et certains même un plan stratégique pour l’intelligence artificielle. Il s’agit, entre autres et pour certains, du suivi et de la mise à profit des différents brevets dans le domaine.
Les  initiatives à cet effet se font dans des cadres multidisciplinaires.
L’Afrique en général, le Sénégal en particulier, par nos administrations et le secteur privé, se doivent d’anticiper sur ces futures mutations.
(1) Ocde, préparer le futur de l’économie internet, 2008
(2) Dgcis, France, Consultation sur futur internet, 2007
Alassane BA
Docteur en Télécommunications
Secrétaire Général du Syndicat des Travailleurs de l’Administration Fiscale (Staf)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here