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Parmi les sorties de nouveaux films en salle ce mercredi 5 avril, ne manquez pas «Les sauteurs». Ce documentaire sort de l’ordinaire par son dispositif : un immigrant malien filme ses conditions de vie à Gurugu, ce bois marocain dominant l’enclave espagnole de Melilla.

Des documentaires sur les réfugiés prêts à tout pour franchir la frontière de l’Europe et qui se font refouler parfois très violemment du grillage à Melilla, on en a déjà beaucoup vu. Mais ce que vous voyez dans Les sauteurs est totalement inédit : le réalisateur danois, Estephan Wagner, et le cinéaste allemand, Moritz Siebert, ont confié une caméra à Abou Bakar Sidibé, un jeune Malien qui vit sur le mont Gurugu, face à l’enclave espagnole de Melilla.

La recherche d’images
Au départ, c’est surtout pour l’argent que le jeune Malien a accepté cette mission. Mais très vite, il se prend au jeu et documente sa vie quotidienne : la recherche de nourriture, l’hygiène, les loisirs, la crainte d’une descente de police. «Quand on regarde le monde à travers une caméra, on commence à percevoir l’entourage différemment. J’ai commencé à prendre plaisir à la création d’images.»

Une réalité filmée des deux côtés
Melilla semble si proche, mais si inaccessible aussi, il faut pouvoir escalader trois hautes rangées de barrières sans se faire attraper ou refouler par la police espagnole. Ce qui est fort dans le documentaire Les sauteurs, c’est que l’on a les images filmées par Abou Bakar Sidibé, mais aussi leur contrepoint, les images de vidéo surveillance récupérées par les réalisateurs.
Manifeste, témoignage unique, le documentaire Les sauteurs est aussi l’acte de naissance d’un cinéaste, Abou Bakar Sidibé, crédité comme coréalisateur de ce film.
Rfi

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