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« Il ne partira pas d’ici, il n’ira nulle part, on n’acceptera pas le forcing. Il n’y aura pas de limogeage et nous allons cohabiter avec Bouna Manel Fall dans ce bureau tous les jours. S’il le faut même, nous y passerons la nuit », criaient hier les membres de l’Association des acteurs de l’industrie musicale(Aim) dans les locaux de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). Ils ont précisément envahi le bureau du directeur gérant Bouna Manel Fall. Ce dernier, bien sapé dans son costume marron et beige, mine désespérée est resté calme tout au long du point de presse, donné par Zeynoul Sow, président de  l’Aim aux côtés de ses membres. Malgré les  blagues de M. Sow qui faisaient rire tout le monde, Bouna Manel Fall n’a pas souri une seconde. Il était zéine mais préoccupé. A ces côtés, près d’une vingtaine d’artistes, parmi lesquels : Habib Faye, Papis Konaté, Pape du groupe Pape et Cheikh, Aliou Kassé, Idrissa Diop, You Dieng, entre autres. Ils étaient venus séparément lui témoigner leur soutien.
De l’extérieur des locaux, on les entendait. Mais au bout de quelques minutes d’attente, ils ont invité la presse à les rejoindre dans le bureau de Bouna Manel Fall. A l’intérieur, Papis Konaté, Habib Faye, Zeynoul Sow, Aliou Kassé étaient déjà installés. Ce sont eux qui ont invité la presse à venir couvrir leur mouvement de protestation devant les locaux. «La Sodav est à nous. Alors tout ce qui doit s’y passer doit nous plaire d’abord. Nous avons la correspondance du directeur gérant dans laquelle on lui notifie qu’il doit quitter dans les 48h. Nous n’allons pas accepter cela. Parce que quand on a discuté avec lui, vu les documents et les efforts qu’il a faits pendant 3 mois, on a constaté qu’il a fait des résultats», affirme d’emblée Zeynoul Sow, président de l’Aim.  Il rappelle à l’opinion qu’en trois mois de gestion, Bouna Manel Fall a fait plus 28% des perceptions qu’il y  avait, en plus, diminué les frais de gestion de 5%. «ça, ce sont des résultats», avance M. Sow.
« Nous n’allons pas accepter qu’on le révoque pour mettre quelqu’un de leur préférence.  S’il n’avait pas fait de résultats, si les chiffres étaient négatifs on ne serait pas là à le défendre. Mais il a trouvé 42 millions dans les caisses en 3 mois il a fait de sorte à ce que 150 et quelques millions soient là», clarifie encore M. Sow, pour justifier la démarche de l’Aim. Il ajouté qu’au moment où la société est prête à faire une répartition  on veut le révoquer  disant qu’il a dépensé plus de 100 millions. «C’est inadmissible. Il y a quelque chose de louche qu’ils ne veulent pas dire.», insiste-t-il. Zeynoul Sow poursuit très en colère : «Nous avons fait des œuvres qu’on a remises à la société pour qu’elle les exploite, comme ces œuvres sont à nous, et elles font fonctionner la société, s’ils veulent faire du forcing, sans nous dire quelque chose de clair, nous allons retirer toutes nos œuvres pour voir comment ils vont faire. Nous voulons aussi que le gouvernement prenne les choses en main et fasse un arbitrage».
Pour lui, il y a de l’injustice  car Bouna Manel a été choisi par un appel à candidature internationale et il travaillé pendant 2ans sans salaire. Aussi précise-t-il, «pendant ses 3mois il a pris le 1/3 du montant que percevait le directeur général qui était là ». A l’en croire,  tout le temps qu’il est là, il devait avoir un contrat de 3ans, mais ils ont barré la route disant qu’ils ne vont pas lui signer un contrat. Parce qu’ils préparaient tout cela. « Et c’est Aziz Dieng (Ndlr, conseiller technique au ministère) qui est à la tête de tout cela. C’est lui qui appelle les gens pour jubiler disant qu’on a limogé le Dg….Le Fesman nous doit 200 millions, qu’on n’a pas vu et on a entendu dire que le rapport de l’Ige a indiqué que le Fesman a payé mais où cet argent ? Tout ça c’est l’œuvre de Abdoulaye Koundoul (Ndlr, directeur des art) », dénonce-t-il.
Stagiaire

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