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L’évolution rapide de l’urbanisation accentue les problèmes de logements. En 2013, le déficit en logements était de 300 mille unités, alors que l’offre n’excédait pas 5 mille logements par an. Mais selon le Président Macky Sall, l’Etat du Sénégal a pris l’option de confier la satisfaction de cette demande aux promoteurs immobiliers. Selon le directeur du Logement, les besoins en investissement sont de 120 milliards de francs Cfa par an.

Dans douze ans, plus d’un Sénégalais sur deux vivra en ville. Aujourd’hui, avec un taux d’urbanisation de 45,2%, l’occupation des villes pose problème. Leur étalement spatial inquiète dans la mesure où il entraine une rapide progression des besoins en logements décents.
Au Sénégal, les besoins en financement sont chiffrés à 120 milliards de francs Cfa par an, selon le directeur du Logement social au ministère du Cadre de vie. Et l’Etat du Sénégal a pris l’option de confier la satisfaction de cette demande aux promoteurs privés. C’est ce qu’a indiqué hier le Président Macky Sall en procédant à l’ouverture du 2e Salon international de l’habitat de Dakar (Sen Habitat). Selon le président de la République, l’Etat compte se limiter à un rôle d’impulsion, d’encadrement et d’orientation du secteur. «Le gouvernement a pris l’option de mettre en avant les professionnels de l’immobilier en se limitant à un rôle d’impulsion, d’orientation, d’encadrement et de régulation du secteur», souligne Macky Sall en laissant quand même quelques parcelles aux sociétés nationales comme la Sn Hlm ou la Sicap. Le Président Sall dit avoir donné des instructions à son gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour que la Loi 2016- 31 portant Loi d’orientation sur le l’habitat social puisse être mise en application. «Il s’agit de mieux prendre en charge les aspects liés au foncier, à la fiscalité et à la formation, afin d’intensifier la production de logements», dit-il. Il faut dire que les besoins sont énormes. En 2013, le déficit de logements était estimé à 300 mille unités, alors que l’offre annuelle n’excédait pas 5 mille logements. Aujourd’hui, le Sénégal, qui ambitionne de passer à 15 mille unités de logements par an, a adopté une stratégie destinée à séduire les promoteurs privés. Selon le Président Macky Sall, d’importantes réformes ont été adoptées, notamment la gratuité du foncier non aménagé pour les projets d’habitat ayant au moins 60% de logements sociaux, la prise en charge par l’Etat de l’aménagement de la voierie et du réseau primaire, de l’enregistrement à un taux de 1% du contrat d’acquisition de logements sociaux et de l’exonération fiscale et douanière. A ces incitations, Macky Sall ajoute également, la mise en place du Fogaloc, un Fonds de garantie créé avec le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) en vue de faciliter aux acteurs du secteur informel, aux Sénégalais de la diaspora, l’accès au crédit bancaire pour l’acquisition d’un logement.
La deuxième édition du Sen Habitat a pour thème «l’habitat social dans le contexte du nouvel agenda urbain : quels leviers d’accélération ?» Selon le directeur de l’Habitat social qui a introduit le thème, le Sénégal «est sur la bonne voie même si des efforts restent à faire». Et pour atteindre les objectifs, M. Mamadou Lamine Diouf préconise l’industrialisation.

Promotion de la construction en hauteur
Le Président Macky Sall prône pour sa part, le développement de constructions en hauteur. «Nous devons arrêter de penser que nous devons toujours vivre dans des villas», exhorte le Président Sall, qui estime que la construction brique par brique est également dépassée. Il appelle les promoteurs à intégrer des techniques innovantes dans la construction, afin d’atteindre plus vite les 30 000 logements par an.
mamewoury@lequotidien.sn

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