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C’est un consortium international d’organisations qui dit non à la marchandisation et à la privatisation de l’éducation. Ces Ong acteurs de la Société civile, syndicats d’enseignants travaillent et mobilisent les Etats surtout africains contre la marchandisation de l’éducation. Ces acteurs, en conclave à Dakar, veulent des engagements de la part des gouvernants pour la promotion d’une offre éducative publique et de qualité gage d’équité.

Une rencontre pour dire non à la privatisation et la marchandisation de l’éducation. Ce séminaire de quatre jours rassemble 95 délégués issus de 35 pays. Des Ong dont la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), qui abrite l’évènement, des syndicats d’enseignants et des organisations communautaires regroupés au sein d’un réseau francophone constitué depuis 2016. Tous sont contre une marchandisation et une privatisation de l’éducation. Le réseau entend ainsi promouvoir la réflexion et susciter un débat pour une mobilisation contre ce phénomène. Les participants travaillent dans le seul but de permettre aux enfants du monde d’avoir une éducation de qualité mais aussi d’empêcher que la présence d’acteurs privés dans le système éducatif ne remette pas en cause ces droits fondamentaux.
Le président du Conseil d’administration de la Cosydep, Moussa Mbaye, parle d’étape cruciale de la mobilisation. Ce, d’autant que, rappelle Frédé­rique Rolet, Secrétaire générale du Snes-Fsu, depuis une décennie, il y a une montée croissante des appétits des acteurs privés dans l’éducation, notamment dans les pays à faibles revenus, qui est sur le point de transformer en profondeur des systèmes éducatifs déjà fragiles. A ce fait, il faut y ajouter la propension de certaines «institutions influentes» au plan international mais aussi des lobbies à pousser nos pays à aller dans le sens d’une commercialisation du secteur de l’éducation. Comme prétexte, relève M. Mbaye, ces institutions avancent que «l’éducation de qualité est coûteuse et les gouvernements ne sont donc pas en mesure de l’assurer seuls».
Or, l’observation des pays où la privatisation de l’éducation est déjà très accentuée montre que les  offres  proposées par une frange du secteur privé ont des impacts négatifs sur l’éducation. Car, cette solution «aggrave l’inégalité et la ségrégation, conduisant à la discrimination, à la commercialisation de l’éducation et à la déprofessionnalisation de l’enseignement», regrette le Pca de la Cosydep.
Il ne s’agit pas pour la Cosydep de faire preuve «d’étroitesse» d’esprit ou «d’ostracisme» envers les acteurs du secteur privé. Pour le Pca de la Cosydep, il s’agit de convenir d’une régulation dynamique basée sur le principe fondamental du droit à une éducation de qualité pour tous. «Les écoles dites privées peuvent bien jouer leur partition mais elles ne peuvent pas et ne doivent pas remplacer le public», conseille-t-il. Ces écoles, estime M. Mbaye, «doivent être plutôt comme un choix complémentaire offert aux familles dans un contexte où elles peuvent tout aussi bien choisir une école publique bien dotée, où la qualité est assurée».
Reprenant les propos du rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’éducation, Moussa Mbaye relève qu’en aucun cas, «un Etat ne doit soutenir financièrement un prestataire privé de services d’éducation». Puisqu’en tant que citoyens, «c’est nous qui cotisons et qui, indirectement, nous endettons», clame-t-il.
Pour les acteurs de cette cause, «l’accès à une éducation de qualité, c’est un droit, et c’est l’Etat qui en est le garant». Certes, souligne Fatimata Bâ Diallo, conseillère politique en éducation à la Confemen, les Etats africains manquent de ressources pour financer une offre éducative publique équitable et de qualité. Mais, il y a des solutions alternatives pour le financement de l’Education. «Les Etats ont la responsabilité de trouver des financements durables. Ils doivent également élaborer des chartes de bonne gouvernance du système pour assurer la transparence. Et la Confemen oriente les ministres pour le respect des engagements sur cette question», fait-elle savoir.
Moussa Mbaye estime, pour sa part, que le dialogue doit être de mise entre les Etats et la Société civile afin que soient aménagés des solutions ambitieuses qui mettent en avant la responsabilité des institutions et l’engagement des citoyens.
ndieng@lequotidien.sn

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