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«De quoi l’opposition a peur ?» C’est l’interrogation de la présidente des femmes de Benno bokk yaakaar, lors d’une conférence de presse, samedi. Ndèye Marième Badiane est revenu à cette occasion sur le projet de loi portant parrainage des candidats à la Présidentielle. Elle appelle les membres de l’opposition «à la sérénité et au dialogue tout en construisant son argumentaire autour du bien-fondé du projet». Mme Badiane explique : «Nous avons relevé que 18 milliards de nos francs ont été dépensés pour les élections législatives. Chaque liste a coûté 382 millions F Cfa, sans la prise en compte des coûts indirects supportés par les populations. Le parrainage est adopté par toutes les grandes démocraties comme un système de filtrage. Les Législatives, avec 47 listes, ont prouvé qu’il y a urgence à encadrer les élections. Le parrainage est une demande des Sénégalaises et Sénégalais.» Avec près de 300 partis au Sénégal, les femmes de Bby estiment que le parrainage est une solution pour les rationaliser. «Par le système de parrainage, le Président renvoie tout candidat aux électeurs, pour une représentativité populaire. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’on l’instaure au Sénégal. C’est en décembre 1991 que le système du parrainage a été constitutionnalisé et mis dans le code électoral en 1992. Il s’appliquait seulement aux candidats indépendants. Des candidatures comme celles de Maître  Mamadou Lô en 1993 et Maître Adama Guèye en 2007 ont pu recueillir le pourcentage requis. Et puis, Feu Kéba Mbaye avait prôné que le parrainage s’applique aux partis politiques», rappelle Mme Badiane. Convaincue que  le projet de loi sera adopté, elle souligne que les députés de l’opposition disposent de la possibilité «d’apporter des amendements à l’Assemblée nationale jeudi prochain et d’introduire un recours une fois que la loi sera votée et promulguée dans les 8 jours».
Sur le rapprochement fait entre la mobilisation du 23 juin 2011 ayant coûté le pouvoir à Wade en 2012 et celle que l’opposition s’apprête à faire le 19  avril prochain, la vice-présidente des femmes de Bby, Adji Mergane Kanouté, estime que les contextes des deux événements sont «différents». «Nous n’appelons pas à voter le quart bloquant. En 2011, nous étions dans un contexte où l’électricité n’était pas au rendez-vous. Nous étions dans un contexte où la dévolution monarchique était en cours», avance-t-elle.
 ambodji@lequotidien.sn

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